Les nanomatériaux passés à la loupe

ENVIRONNEMENT L'Afsset veut placer les nanomatériaux sous surveillance...

Charlotte Mannevy

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Haro sur les chaussettes anti-odeurs. L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), qui présentait hier son rapport sur les nanomatériaux, a recommandé leur interdiction.

Ces chaussettes doivent en effet leurs propriétés antibactériennes au nano-argent, un produit qui se retrouve dans l’environnement au fil des lavages. «Si 10 % des Français portaient aujourd’hui ce type de chaussettes, ce sont 18 tonnes d’argent qui seraient rejetées chaque année dans l’eau», s’inquiète Dominique Gombert, chef d’expertise de l’agence.

Risques pour l’homme et l’environnement

Ces particules, mille fois plus petites qu’une cellule, passent sans difficulté les stations d’épuration. Or, leur toxicité a été démontrée pour au moins deux espèces de poisson.

Par principe de précaution, l’agence demande donc que l’on retire du marché tous les produits contenant des nanomatériaux dont le bénéfice pour l’homme est faible. Elle recommande également la création d’un étiquetage clair. Car beaucoup de nanomatériaux sont aujourd’hui présents, clandestinement, jusque dans notre assiette : si sel, sucre en poudre ou ketchup restent fluides, c’est bien souvent grâce au silice amorphe, un anti-agglomérant dont on ne connaît pas l’effet sur l’homme.  


Marché

Plus de 1 000 produits contenants des nanomatériaux ont été déclarés dans le monde en 2009, dont 246 sont vendus en France. Il s’agit majoritairement de produits cosmétiques (crème solaire) et de vêtements «intelligents».