Pour Hillary Clinton, l'eau peut enflammer les Etats

ENVIRONNEMENT La chef de la diplomatie américaine redoute que la gestion de l'eau n'entraîne des troubles dans de nombreux pays.

Avec agence

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Des employés tentent de nettoyer le fleuve Yang-tsé-Kiang des nombreux détritus qui le polluent, Chine, le 1er novembre 2009.
Des employés tentent de nettoyer le fleuve Yang-tsé-Kiang des nombreux détritus qui le polluent, Chine, le 1er novembre 2009. — CHINE DAILY / REUTERS

L'eau fait pousser la guerre. C'est du moins ce que pense Hillary Clinton. La chef de la diplomatie américaine a déclaré lundi que l'eau s'impose chaque jour un peu plus comme un enjeu dont dépendront la sécurité et la paix dans le monde.

«L'accès à des ressources fiables en eau propre est une affaire de sécurité pour les hommes. C'est aussi une question de sécurité nationale» et un nouveau champ pour la diplomatie, a-t-elle argué dans un discours prononcé à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau.

La stabilité des gouvernements et la croissance économique dépendront toujours plus de la capacité des pays à bien gérer l'eau, dans un monde confronté partout à la pénurie de cette ressource, a souligné la secrétaire d'Etat.

Plus concret que le terrorisme

Les pays riches, a-t-elle dit, doivent aussi prendre conscience que leur image dans le monde dépendra aussi de leur action dans ce domaine.

«Nous consacrons beaucoup de temps au terrorisme, au contrôle des armements où à la prolifération nucléaire», a-t-elle relevé: «Mais la réalité est que ce ne sont pas les problèmes auxquels la plupart des gens ont affaire au jour le jour».

Hillary Clinton a évoqué des pistes d'action diplomatique pour prévenir des catastrophes futures et des conflits liés à l'eau, en commençant par l'augmentation des investissements scientifiques, de l'aide au développement, et la coordination des nombreux organismes internationaux -pas moins de 24 agences de l'ONU par exemple- chargés du problème.

Les Etats devront aussi mieux tenir compte des réalités géographiques, a-t-elle souligné en prenant l'exemple du bassin du Nil.

«180 millions de personnes y vivent dans dix pays d'Afrique de l'Est», dont sept ont connu récemment des conflits, a-t-elle rappelé. Or «les experts estiment qu'une gestion coopérative du bassin du fleuve pourrait augmenter la croissance suffisamment pour sortir plusieurs de ces pays de la pauvreté, et favoriser une plus grande stabilité régionale».