Une journée mondiale pour mettre tout le monde à l'eau

ENVIRONNEMENT Depuis 17 ans, le 22 mars est la journée mondiale de l'eau. L'occasion de rappeler qu'avoir de l'eau potable à disposition ne coule pas de source pour tout le monde...

Avec agence

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Cinquante membres de la sécurité civile française sont en attente à la frontière égyptienne pour passer mardi dans la bande de Gaza afin de permettre à 100.000 Palestiniens de disposer d'eau potable.
Cinquante membres de la sécurité civile française sont en attente à la frontière égyptienne pour passer mardi dans la bande de Gaza afin de permettre à 100.000 Palestiniens de disposer d'eau potable. — Said Khatib AFP/Archives

A l'occasion de cette 18e journée mondiale de l'eau, 20minutes.fr lance un dossier en quinze volets sur cette ressource inégalement répartie sur la planète. Aujourd'hui, quatre questions sur la journée mondiale...

Pourquoi une journée de l'eau?

Elle a été adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1992, l'année du Sommet de la Terre. Les Etats sont invités chaque 22 mars à mener des actions de sensibilisation. «Notre existence dépend de la manière dont nous protégeons la qualité de nos ressources en eau», affirme l'ONU.



La qualité de l'eau se dégrade en effet partout dans le monde, en raison surtout de l'urbanisation due à la croissance démographique, du rejet d'organismes pathogènes et de produits chimiques provenant des industries, de l'utilisation d'engrais et de pesticides dans l'agriculture et des déjections des élevages.

Les changements climatiques, en particulier la hausse des températures et les modifications du débit des fleuves, auront aussi un impact sur la qualité de l'eau.

Qui n'a pas accès à l'eau?

87% de la population mondiale a accès à l'eau potable, selon un rapport conjoint de l'Organisation mondiale de la santé et de l'Unicef. Plus d'un tiers de ceux qui n'y ont pas accès vivent en Afrique subsaharienne.



39% de la population mondiale (plus de 2,6 milliards de personnes) ne disposent pas d'installations sanitaires de base (toilettes et égoûts). Comme pour l'accès à l'eau potable, l'Afrique subsaharienne est la plus touchée. La défécation à ciel ouvert concerne encore 17% de la population mondiale en 2008 (25% en 1990), occasionnant des maladies parfois mortelles (diarrhées...).

Et la pollution?

Chaque jour 2 millions de tonnes d'eaux usées et autres effluents s'infiltrent dans les nappes phréatiques. Dans les pays en développement, plus de 90% des eaux d'égout et 70% des déchets industriels non traités sont déversés dans les eaux superficielles. «Il est beaucoup moins coûteux de protéger les ressources en eau que de procéder à leur épuration une fois qu'elles sont polluées», souligne l'ONU.



Les maladies liées à la mauvaise qualité de l'eau sont notamment le choléra, la typhoïde, les diarrhées (4 milliards de cas par an liés à une eau impropre à la consommation), le trachome, la dysenterie, les hépatites. 1,5 million d'enfants de moins de 5 ans meurent chaque année à cause de diarrhées, dont 88% du fait de l'absence d'installations sanitaires correctes.

Que comptent faire les Etats?

Les objectifs du millénaire prévoyaient de réduire de moitié d'ici 2015 le nombre de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable ou ne disposent pas d'installations sanitaires de base. Cet objectif devrait être atteint pour l'accès à l'eau potable mais ne le sera pas, et de loin, pour les installations sanitaires.

L'OMS estime que ce double objectif représenterait un gain annuel de 84,4 milliards de dollars (gain de temps, de productivité, économies budgétaires des services nationaux de santé).