Comment l'EFSA valide-t-elle les OGM commercialisés?

ENVIRONNEMENT L'agence est au coeur d'une polémique après l’autorisation de la pomme de terre Amflora en Europe. Mais comment fonctionne-t-elle? On fait le point...

O.R.

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L’EFSA, ou Agence européenne de sécurité des aliments, est en charge de l’évaluation des risques relatifs à la sécurité des aliments, qu’ils soient destinés aux humains ou aux animaux.

Une évaluation et non une validation

Concrètement, cet organisme émet des avis - et non des décisions - sur des bases scientifiques. Ensuite, ce sont aux politiques (Commission européenne ou Parlement européen), de décider s’ils autorisent ou non la commercialisation d’un aliment.

Pour les OGM, l’EFSA évalue les risques pour la santé humaine et animale et pour l’environnement. Un panel de 21 scientifiques est sélectionné. Ils sont issus d’universités, ou d’organismes nationaux.  

Des données fournies par l’industriel

L’EFSA ne produit pas de données, n’effectue pas de recherches, mais se fonde sur des données scientifiques existantes, et généralement fournies par l’industriel. C’est en effet, selon la législation européenne, «au demandeur qu’incombe de démontrer la sûreté de son produit OGM», précise-t-on à l’EFSA. Car c’est à lui de payer. L’organisme européen fixe néanmoins un cadre aux études, et peut demander des données supplémentaires.

Mise en cause sur son indépendance, notamment après le départ de Suzy Renckens, ancienne responsable de l’unité OGM, partie pour le semencier Syngenta, l’EFSA insiste sur sa rigueur. L’agence prévoit notamment que «tous les scientifiques s’engagent par écrit à demeurer indépendants et à fournir des déclarations d’intérêt annuelles, qui sont publiées sur le site internet de l’EFSA.»

Quant au cas de Suzy Reckens, l’agence soutient qu’elle n’avait «qu’un rôle administratif» et qu’elle n’avait «pas d’influence sur les contenus»