Prix de l'énergie : Une trentaine de piscines publiques fermées lundi, selon Vert Marine

CRISE Le boom des prix déséquilibre la gestion des équipements, déplore le délégataire

Nicolas Bonzom
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Une piscine municipale (Illustration)
Une piscine municipale (Illustration) — SYSPEO/SIPA
  • Ce lundi, le délégataire de service public Vert Marine a fermé de nombreuses piscines partout en France, en raison de la hausse du coût de l’énergie.
  • « Si cette hausse était impactée sur le prix d’entrée dans les établissements », il serait « multiplié par trois. C’est impensable ! », déplore le gestionnaire.
  • Depuis plusieurs mois, de nombreuses collectivités ont dû mettre en œuvre des solutions, pour tenter de faire baisser les factures de leurs piscines.

Mauvaise surprise, ce lundi matin, pour les usagers de plusieurs piscines, gérées par Vert Marine, qui avaient l’intention de piquer une petite tête. Le stade nautique Némausa, à Nîmes (Gard), la piscine du Pic Saint-Loup, à Saint-Mathieu-de-Tréviers (Hérault), celle de Saint-Dizier (Haute-Marne), le centre aquatique de Montauban (Tarn-et-Garonne), Océabul, à Saint-Jean-de-Monts (Vendée), ou encore Aquapolis, à Limoges (Haute-Vienne) ont fermé. Temporairement.

La raison ? « La crise énergétique », pointe le délégataire de service public. « Les hausses du coût de l’énergie (…) ne nous permettent plus aujourd’hui de gérer les équipements de manière équilibrée économiquement et pérenne socialement », explique Vert Marine, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux des piscines concernées. « Si cette hausse était impactée sur le prix d’entrée dans les établissements », il serait « multiplié par trois. C’est impensable ! », déplore le gestionnaire. Cela ferait grimper le prix à près de 18 euros le tarif plein pour Némausa, à Nîmes, par exemple. A l'AFP, Vert Marine a indiqué que sa facture énergétique est passée de « 15 à 100 millions d'euros », soit « la totalité du chiffre d'affaires annuel ».

« L’équivalent d’une facture énergétique annuelle » en un mois

Dans le communiqué diffusé aux usagers ce lundi, le délégataire lance ainsi un appel aux collectivités et au gouvernement, « afin de prendre les décisions nécessaires et inédites pour revenir à des coûts supportables pour répondre à cette crise urgente ». Des aides exceptionnelles ? Des travaux énergétiques, pour que les piscines soient moins gourmandes ? Vert Marine ne précise pas quels coups de pouce seraient envisageables. Dès que des solutions seront trouvées, promet le gestionnaire, les piscines rouvriront « sans délai ». Mais d’ici, là, le plouf attendra.

Du côté des élus, les réactions sont plutôt frisquettes. L’agglomération de Nîmes, propriétaire de la piscine Némausa, se dit choquée par une « décision unilatérale prise sans aucune concertation préalable ». A Montauban, la maire Brigitte Barèges (LR) est, elle aussi, remontée contre la fermeture de sa piscine. « Vert Marine se moque de nous ! », cingle l’élue, qui évoque avoir déjà accordé au délégataire « 400.000 euros d’économies », grâce à une baisse de sa redevance et à une petite hausse des tarifs.

Les piscines sont « énergivores »

Vert Marine n’est toutefois pas la seule structure à prendre une telle décision en France. D’autres piscines font face au même problème. Et les solutions mises en œuvre sont nombreuses. Dans le pays de l’Or, dans l’Hérault, par exemple, la collectivité s’est résolue à fermer « un jour par semaine » les quatre piscines du territoire (Palavas-les-Flots, Lansargues, La Grande-Motte et Mauguio), « pour faire face à l’augmentation des prix de l’énergie ». A Échirolles (Isère), depuis le début du mois de juillet, la température de l’eau est passée de 27 à 25 degrés à l’extérieur et de 27,5 à 26 degrés à l’intérieur. Un degré de moins, selon la ville, c’est une économie de 7 %.

A Paris, la mairie a choisi de rénover quelques-unes de ses piscines, particulièrement voraces, en lançant des travaux de rénovation énergétique, pour mieux filtrer l’eau ou changer les éclairages. L’objectif est de faire chuter la consommation de 30 à 35 %. Et à Cabriès (Bouches-du-Rhône), la piscine n'a tout simplement pas ouvert, cet été en raison de la flambée des prix de  l’électricité. « J’avais prévu une hausse du prix de l’électricité dans mon budget, mais pas aussi spectaculaire, confiait, en avril dernier, Amapola Ventron (Génération Ecologie), à 20 Minutes. La hausse de mes factures oscille entre 256 et 300 % ! En 2021, la piscine a coûté 100.000 euros. Je ne sais pas combien cela aurait été si je n’avais pas décidé de cette fermeture exceptionnelle. »

Les piscines sont des endroits « énergivores », rappelle à 20 Minutes Patrick Apperré, élu à la métropole de Brest et président de l’Association nationale des élus en charge du sport (Andes). « On doit à la fois chauffer l’eau​, mais aussi avoir des outils qui permettent d’avoir un air pur, à l’intérieur, note-t-il. On doit donc traiter l’eau, et l’air. » Sans compter les vidanges de l’eau des bassins, obligatoires chaque année, et qui ont contraint, en pleine sécheresse, certaines piscines à laisser leurs rideaux de fer baissés.