Biodiversité : Le nombre de terriers de grands hamsters d’Alsace a doublé en un an

REINTRODUCTION Plusieurs opérations ont été menées afin d’augmenter la population de grands hamsters d’Alsace, une espèce en danger d’extinction

T.G. avec AFP
Une opération de réintroduction du grand hamster d'Alsace avait été menée en juin.
Une opération de réintroduction du grand hamster d'Alsace avait été menée en juin. — Vinci Autoroutes
  • Le nombre de terriers de grands hamsters d’Alsace a doublé entre 2021 et 2022, selon le comptage réalisé par l’Office français de la biodiversité.
  • Ces chiffres sont le fruit d’une politique de réintroduction avec des lâchers réalisés chaque année au printemps.
  • « Ces bons chiffres viennent de ces lâchers de plus en plus importants », souligne Stéphane Giraud, directeur de l’association Alsace Nature, qui dénonce une hausse « artificielle des effectifs ».

Après la cigogne, le grand hamster d'Alsace ? Comme le célèbre échassier, il y a une quarantaine d’années, les rongeurs sont actuellement en danger d’extinction. Mais bonne nouvelle, cela va un peu mieux ! Dans la région, le nombre de terriers de grands hamsters a doublé entre 2021 et 2022 selon le comptage réalisé par l’Office français de la biodiversité.

« En 2022, 960 terriers ont été recensés sur 24 communes du Bas-Rhin et du Haut-Rhin », a annoncé lundi la préfecture du Grand-Est dans un communiqué, qui y voit une illustration de « la dynamique positive des populations constatée depuis plusieurs années ». Ce nombre est le plus haut recensé ces cinq dernières années. Seulement 488 terriers avaient été comptabilisés en 2021, 745 en 2019, 709 en 2018 et 505 en 2017. Il n’y avait pas eu de comptage en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus. Bien que ces résultats demeurent « fragiles », ils « encouragent la poursuite des actions pour la pérennisation de l’espèce en France », estiment les autorités.

Ces chiffres sont le fruit d’une politique de réintroduction au cours de lâchers réalisés chaque année au printemps, dans le cadre d’un plan national d’action (PNA). Au total, 404 individus ont ainsi été relâchés cette année dans le cadre du PNA, selon des données fournies par la Dréal Grand-Est.

Plusieurs opérateurs organisent en outre des lâchers à titre compensatoire. Vinci Autoroutes a ainsi réintroduit 180 grands hamsters en 2022, pour pondérer l’impact environnemental de sa nouvelle A355, une autoroute de 24 km inaugurée l’an dernier, aussi appelée Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO), et construite en partie sur le milieu naturel de l’espèce. Au total, cette année, « 270 hamsters ont été lâchés par des compensateurs, et 40 autres » dans le cadre d’un projet d’un projet de collaboration européenne, indique la Dréal.

Une « hausse artificielle »  ?

« Ces bons chiffres viennent de ces lâchers de plus en plus importants », tempère Stéphane Giraud, directeur de l’association Alsace Nature, qui dénonce une hausse « artificielle des effectifs ». « Quand on est obligé de protéger des prédateurs les lâchers de grands hamsters par des clôtures, ou de laisser pourrir du blé sur pied pour qu’ils se nourrissent, ce n’est plus vraiment une espèce sauvage », cingle-t-il encore.

Ventre noir, dos roux et taches blanches sur le museau, l’animal, aussi connu comme « hamster d’Europe », est depuis 2020 classé en « danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’UICN redoute que cette « espèce parapluie » - sa protection entraîne celle de plusieurs autres espèces - ne disparaisse d’ici une trentaine d’années.