Allemagne : Une flotte de trains 100 % à hydrogène lancée sur une ligne régionale, une première mondiale

ÉNERGIE VERTE Ces 14 trains construits par Alstom devraient éviter de générer 4.400 tonnes de CO2 chaque année

20 Minutes avec agences
— 
Baptisés Coradia iLint, ces trains 100 % à hydrogène ont été construits par le français Alstom.
Baptisés Coradia iLint, ces trains 100 % à hydrogène ont été construits par le français Alstom. — Josef Vostarek/AP/SIPA

L’Allemagne a inauguré ce mercredi la première ligne ferroviaire au monde fonctionnant entièrement à l’hydrogène. La flotte de 14 trains fournis par Alstom circule désormais sur une ligne d’une centaine de kilomètres reliant plusieurs villes en Basse-Saxe.

« Nous sommes très fiers de pouvoir porter cette technologie sur une exploitation commerciale, dans le cadre d’une première mondiale », s’est félicité ce mercredi Henri Poupart-Lafarge, le PDG du français Alstom. Conçus à Tarbes et assemblés à Salzgitter (centre de l’Allemagne), les trains à hydrogène baptisés Coradia iLint sont pionniers dans le domaine.


Un secteur d’avenir

L’hydrogène est la piste privilégiée pour réduire les émissions de CO2 et remplacer le diesel, qui alimente encore 20 % des trajets par rail en Allemagne. La nouvelle flotte, qui a coûté « 93 millions d’euros », évitera de générer « 4.400 tonnes de CO2 chaque année », selon la LNVG, l’exploitant régional du réseau.

Des essais commerciaux ont été menés depuis 2018 sur cette ligne avec la circulation régulière de deux trains à hydrogène. D’autres liaisons vont suivre : Alstom a signé quatre contrats pour plusieurs dizaines de trains en Allemagne, France et Italie, et ne voit pas la demande faiblir.

« A horizon 2035, environ 15 à 20 % du marché européen régional pourrait fonctionner à l’hydrogène », confirme Alexandre Charpentier, expert ferroviaire chez Roland Berger. Les trains à hydrogène sont particulièrement pertinents pour les petites lignes régionales, où le coût d’une transition vers l’électrique est trop conséquent par rapport à la rentabilité de la liaison.

L’hydrogène vert encore trop rare

Les concurrents d’Alstom se sont aussi lancés dans la course. L’Allemand Siemens a dévoilé en mai un prototype de train avec la Deutsche Bahn en vue d’une mise en service dès 2024. Mais le secteur fait face à des obstacles. Les trains ne sont en effet pas les seuls à être assoiffés d’hydrogène : tout le secteur des transports, routier ou aérien, et l’industrie lourde (sidérurgie, chimie) comptent sur cette technologie pour réduire leurs émissions de CO2.

L’Allemagne a annoncé un 2020 un ambitieux plan de sept milliards d’euros pour devenir leader des technologies d’hydrogène en une décennie. Mais les infrastructures manquent encore dans le pays comme dans toute l’Europe. Par ailleurs, l’hydrogène n’est pas forcément décarboné : seul l'« hydrogène vert », fabriqué avec des énergies renouvelables, est considéré comme durable.

D’autres méthodes de fabrication (plus courantes) existent mais elles émettent des gaz à effet de serre, car elles utilisent des énergies fossiles. Selon l’institut français IFP, l’hydrogène est actuellement « issu à 95 % de la transformation d’énergies fossiles, dont pour près de la moitié à partir du gaz naturel ».