Bretagne : Meurtrie par un incendie, la forêt de Brocéliande retrouve ses visiteurs (et ses elfes)

REPORTAGE Le feu qui s’est déclaré dans la nuit de jeudi à vendredi a ravagé 400 hectares de la mythique forêt, de nouveau accessible au public depuis ce mercredi

Jérôme Gicquel
Arnaud et Aurélia, deux elfes venus de Lyon, ont retrouvé avec joie les sentiers de la forêt de Brocéliande ce mercredi.
Arnaud et Aurélia, deux elfes venus de Lyon, ont retrouvé avec joie les sentiers de la forêt de Brocéliande ce mercredi. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Un incendie qui s’est déclenché dans la nuit de jeudi à vendredi a ravagé près de 400 hectares dans la forêt mythique de Brocéliande en Bretagne.
  • Interdit depuis une semaine, l’accès à cette forêt peuplée de fées et de korrigans est de nouveau autorisé.
  • A l’exception du Tombeau des Géants, la plupart des sites mythiques de la forêt ont fort heureusement été épargnés par l’incendie.

Sur le circuit du Val Sans Retour, domaine de la fée Morgane, leurs oreilles d’elfes ne passent pas inaperçues. « Si on ne les porte pas ici, où va-t-on les porter ? », s’exclament les deux créatures. Originaires de Lyon et passionnés par les légendes arthuriennes, Aurélia et Arnaud se rendent chaque année en forêt de Brocéliande. « C’est un peu comme un pèlerinage, indique la jeune femme. On adore se ressourcer dans cette forêt qui est très particulière. »

Interdit depuis une semaine, l'accès à la forêt de Brocéliande est de nouveau autorisé.
Interdit depuis une semaine, l'accès à la forêt de Brocéliande est de nouveau autorisé. - J. Gicquel / 20 Minutes

Cœur mythique de la Bretagne, la forêt de Paimpont, plus connue sous le nom de Brocéliande, et qui s’étend sur près de 9.000 hectares, a pourtant connu l’enfer ces derniers jours. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un violent incendie s’est déclaré sur la commune de Campénéac, à la frontière entre le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine. Pendant deux jours, près de 300 pompiers aidés par deux bombarbiers d’eau suédois se sont relayés sur place pour combattre les flammes.

La plupart des sites mythiques épargnés

Maîtrisé depuis dimanche, l’incendie a parcouru 630 hectares et détruit près de 400 hectares de végétation. « C’était très violent mais heureusement que le feu ne s’est pas trop étendu », souligne un riverain, évacué comme 150 autres habitants du secteur par précaution. Les dégâts sont toutefois très importants dans la forêt, déjà meurtrie en 1990 par un violent incendie qui avait ravagé près de 450 hectares.


Le célèbre Arbre d’Or, une sculpture installée près du Miroir aux Fées, commémore d’ailleurs ce terrible sinistre qui avait duré près de cinq jours. Ce site mythique a cette fois été épargné, tout comme le Tombeau de Merlin, la Fontaine de Barenton, la Table Ronde des Chevaliers ou la Hotié de Viviane. « Mais l’incendie a tout de même endommagé certains sites comme Le Tombeau des Géants », regrette Maëva, employée à l’office du tourisme de Brocéliande à Paimpont.

La Bretagne n’échappe pas aux incendies

Dans le petit bourg, le flot de touristes a repris un peu moins d’une semaine après l’incendie. « Il n’y avait quasiment personne ce week-end, mis à part quelques étrangers qui n’avaient pas suivi l’actualité », indique cette guide, qui propose des balades contées en calèche. L’accès à la forêt était d’ailleurs interdit depuis le 10 août en raison du risque d’incendie. « Et malheureusement cela s’est produit », soupire un patron de café.

Depuis ce mercredi, la forêt légendaire peut de nouveau se visiter. Pour le plus grand bonheur de Virginie, venue de Lorraine avec ses deux filles pour « chercher des fées, des lutins et des korrigans ». Derrière sa bonne humeur, cette mère de famille ne cache pas non plus son inquiétude. « C’est quand même dramatique ce qu’il se passe cet été, ça brûle de partout, indique-t-elle. Même en Bretagne, une région que l’on pense pourtant épargnée par les incendies. »

Le mois dernier, les Monts d’Arrée, un autre site emblématique de la Bretagne, avaient déjà été ravagés par un incendie avec plus de 2.850 hectares qui sont partis en fumée depuis le 18 juillet.