Norvège : Le morse Freya, vedette du fjord d'Oslo, a dû être euthanasié

TRISTESSE Selon les autorités, la présence du mammifère dans la capitale norvégienne était devenue trop dangereuse pour lui et pour les badauds

20 Minutes avec Agences
Le morse Freya à Oslo.
Le morse Freya à Oslo. — Tor Erik Schrøder/AP/SIPA

C’est la sensation de l’été dans le fjord d’Oslo (Norvège). Sur le point de mettre les vies du public et la sienne en danger, le morse Freya a été euthanasié dimanche. Une décision défendue par les autorités comme la seule « viable », mais considérée comme précipitée par des experts. « La décision d’euthanasier le morse a été prise sur la base d’une évaluation globale de la menace persistante pour la sécurité humaine », a déclaré le responsable de la Direction norvégienne de la pêche, Frank Bakke-Jensen, dans un communiqué.

Les morses vivent généralement sous les latitudes plus septentrionales de l’Arctique, mais Freya, dont le nom renvoie à une déesse associée à l’amour et à la beauté dans la mythologie nordique, baignait dans les eaux de la capitale norvégienne depuis le 17 juillet. La jeune femelle de quelque 600 kg avait été filmée chassant des oiseaux ou se hissant sur des embarcations, chaloupant sous son poids, pour y somnoler (un morse peut dormir jusqu’à vingt heures par jour), y faisant au passage des dégâts significatifs.


Seule solution possible

« Nous avons examiné attentivement toutes les solutions possibles. Nous avons conclu que nous ne pouvions garantir le bien-être de l’animal par aucun des moyens disponibles », a déclaré Frank Bakke-Jensen. Les autorités avaient prévenu jeudi que Freya pourrait être euthanasiée si le public ne restait pas à distance du mammifère.

« Laissez vivre Freya », avait alors lancé le parti écologiste Les Verts. « Les experts ont précédemment préconisé, entre autres, de lui donner des sédatifs, puis de la déplacer hors des zones peuplées ou de la ramener à Svalbard », recommandait-il sur Instagram, conseillant de « l’admirer de loin, et de la laisser tranquille ».

Une décision hâtive et choquante

Pour des experts, la décision de l’euthanasier ne tient pas compte du bien-être animal. « C’est très choquant. On est dans une situation qui offre l’occasion de montrer de la considération pour les animaux sauvages et de montrer aux gens comment montrer de la considération pour les animaux sauvages », a estimé auprès de la télévision TV2 une porte-parole de l’association de protection des animaux NOAH, Siri Martinsen. C’est également une mesure hâtive. « On aurait dû essayer des amendes. On aurait alors probablement vu ces masses de gens disparaître rapidement », a-t-elle jugé.


Malgré les consignes, des curieux se baignaient à proximité de l’animal ou s’en approchaient excessivement, parfois avec des enfants, pour le photographier. « C’est infiniment triste qu’ils aient choisi d’euthanasier un si bel animal simplement parce que nous ne nous sommes pas bien comportés avec lui », a, pour sa part, fait valoir le biologiste Rune Aae, interrogé par l’agence locale NTB.

L’animal trop stressé

La direction de la pêche avait fait valoir que le bien-être de Freya, qui était âgée d’environ cinq ans, avait fortement diminué, les experts la considérant désormais stressée. Espèce protégée, le morse se nourrit essentiellement d’invertébrés tels que les mollusques, les crevettes, les crabes et les petits poissons. S’il ne s’en prend normalement pas aux êtres humains, il peut, selon les autorités, se sentir menacé par des importuns et les attaquer.

Envisagé, le déplacement de Freya, « n’était pas une option viable » du fait de sa complexité, a expliqué le directeur des pêches. En France, une opération de sauvetage avait été mise en place cette semaine pour transporter un béluga hors de la Seine, où il s’était égaré, mais le cétacé ne l’avait pas supporté et avait dû être euthanasié.