Sécheresse : Les vendanges 2022 avancées d’une à trois semaines selon les régions en France

AGRICULTURE Certains vignerons ont commencé les vendanges depuis le 3 août afin d’éviter que les raisins ne brûlent

M.d.F. avec AFP
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Les vendanges 2022 vont démarrer avec trois semaines d'avance pour certains domaines viticoles.
Les vendanges 2022 vont démarrer avec trois semaines d'avance pour certains domaines viticoles. — Lionel BONAVENTURE / AFP

Les vins 2022 risquent d’arriver plus vite dans nos caves. Dans de nombreux bassins viticoles du pays, les fortes chaleurs accélèrent la maturation du raisin et contraignent à avancer les récoltes d’une à trois semaines. Dans l’Hérault et en Haute-Corse, les vendanges 2022 ont même déjà débuté.

« On a tous été un peu surpris, la maturité a évolué très rapidement sur les derniers jours », reconnaît François Capdellayre, président de la cave coopérative Dom Brial à Baixas (Pyrénées-Orientales), qui a dû sortir ses outils le 3 août dans la précipitation. « En plus de 30 ans, je n’ai jamais commencé mes vendanges le 9 août », s’étonne aussi Jérôme Despey, vigneron dans l’Hérault et secrétaire général du syndicat agricole FNSEA.

Au-delà de 38 degrés, le raisin « brûle »

La canicule a aussi accentué les effets de la sécheresse exceptionnelle en cours : même si elle est résistante, capable de puiser de l’eau avec ses racines profondes, la vigne souffre jusque dans des régions comme le Centre ou le Val-de-Loire. Lorsqu’elle manque d’eau, elle se dessèche, se bloque : le « stress hydrique » lui fait perdre ses feuilles et elle cesse de nourrir ses grappes et ses baies, dont la taille diminue.

Quand la température dépasse en plus les 38 degrés, le raisin « brûle, il est sec, il perd du volume et de la qualité », la chaleur faisant monter le degré d’alcool à un niveau « trop élevé pour les consommateurs », explique Pierre Champetier, président de l’IGP d’Ardèche. Pour les cépages plus tardifs (grenache, cabernet), reste encore l’espoir d’avoir de la pluie pour faire grossir les raisins. Des orages sont attendus ce week-end sur toute la France, mais ce ne sera sûrement « pas assez » pour préserver le « joli millésime », craint le CIVB.

Petite récolte en Alsace, millésime attendu en Champagne

Dans la Vallée du Rhône, la canicule « a engendré une avance de maturité de plus de 20 jours par rapport à l’an dernier », indique l’interprofession Inter-Rhône, qui assure toutefois que la qualité du vin sera au rendez-vous. Même espoir pour le Comité Champagne (CIVC), qui prévoit de démarrer dans les dix derniers jours d’août et affiche sa confiance dans la qualité du millésime, les pertes dues aux gelées et à la grêle n’ayant entamé que 9 % du potentiel.

Dans le Bordelais, on table sur « la semaine du 25 août » pour les crémants, qui ouvriront le bal. Suivront « les blancs secs, les blancs liquoreux et enfin le rouge », souligne Christophe Château du Conseil Interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). En Alsace, où il n’a pas plu « une goutte depuis deux mois », « on aura une très, très petite récolte », regrette Gilles Ehrhart, président de l’association des viticulteurs d’Alsace (AVA), qui prévoit de donner le premier coup de sécateur autour du 26 août.