Pourquoi la France risque de manquer de viande bovine dans les années à venir

ELEVAGES La hausse des coûts, la baisse du nombre de bêtes et le non-renouvellement des générations met en danger la filière bovine en France

20 Minutes avec agence
— 
Un troupeau de vaches dans les Vosges
Un troupeau de vaches dans les Vosges — Yves Bernardi / Pixabay

La France pourrait-elle manquer de viande bovine ? La question se pose réellement, tant le cheptel se réduit. La filière aurait perdu 650.000 vaches laitières et allaitantes en cinq ans. Et l’actualité n’est pas réjouissante : la sécheresse a un impact sur le fourrage et les éleveurs doivent, en plus, faire face à une hausse des prix de l’énergie, notamment liée à la guerre en Ukraine, rapporte Les Echos.

Pourtant, la consommation, elle, est au beau fixe. La baisse est très limitée depuis une dizaine d’années, avec en moyenne -0,8 % par an. Le problème reste le manque d’animaux.

Moins de bêtes

La France est le premier cheptel européen de bovins pour le lait et la viande, avec 17 millions de têtes. Mais la baisse est de près de 8 % en cinq ans et les abattages sont en recul. L’Institut de l’élevage craint la perte d’un million de vaches supplémentaires d’ici 2030. « Depuis 2017, il y a de moins en moins d’éleveurs, et donc de cheptel, une baisse qui va plus vite que celle de la consommation. Si les choses ne bougent pas, nous n’aurons bientôt plus de production suffisante », explique Cédric Mandin, éleveur en Vendée et président de la Fédération nationale bovine.

Un cercle vicieux se serait mis en place : la mauvaise rémunération des agriculteurs entraînerait un non-renouvellement des générations dans les exploitations. 50 % des agriculteurs devraient cesser leur activité dans les 10 ans, avec trop peu de personnes pour prendre la relève.

Passer par la contractualisation

Pour faire face à la demande, éviter que les clients aillent se fournir à l’étranger et donc sauver la filière française, les professionnels demandent une contractualisation. Celle-ci doit se faire en prenant en compte la hausse des coûts et une bonne rémunération des éleveurs.

Certains ont déjà sauté le pas comme Lidl ou McDonald’s, qui ont signé des contrats avec des coopératives. C’est d’ailleurs ce dernier qui est premier client du bœuf charolais en France.