Réchauffement climatique : Ces lézards vieillissent prématurément et pourraient bientôt disparaître

CHALEUR D’ici une dizaine d’années au maximum, les lézards vivipares pourraient disparaître du Massif central

20 Minutes avec agence
Un lézard se dorant la pilule sur un rocher. (illustration)
Un lézard se dorant la pilule sur un rocher. (illustration) — nfaulk6 / Pixabay

Des chercheurs français ont établi un lien entre le vieillissement prématuré des lézards vivipares et le réchauffement climatique. Dans leur étude, publiée ce lundi, ils lient le stress dû à la chaleur aux dommages causés à l’ADN des reptiles, réduisant leur espérance de vie, rapporte Le HuffPost.

Les recherches ont commencé dans les années 2010 dans le Massif central et les Pyrénées avant de se recentrer en 2015 sur dix populations de lézards vivipares exclusivement dans le Massif central. L’une d’entre elles a d’ailleurs disparu en 2018. Pour chaque population, les chercheurs ont cherché à identifier les causes de leur déclin en analysant leur taille, leur abondance, le microclimat et l’altitude de leur habitat.

Un ADN dégradé de génération en génération

Les chercheurs ont également réalisé des tests sur les télomères, des cellules situées aux extrémités des chromosomes des lézards et qui protègent les codes de l’ADN. C’est ainsi qu’ils ont constaté que le changement climatique endommageait ces cellules, accélérant le rythme de vie des lézards et provoquant un vieillissement prématuré.

Normalement, les lézards vivipares vivent quatre ans et se reproduisent entre un et deux ans. Mais en cas de fortes chaleurs, ils ont tendance à se reproduire plus tôt pour la survie de l’espèce. Problème : « Chaque génération de lézard va transmettre des télomères à chaque fois plus dégradés et le fait qu’ils se reproduisent vite accélère leur extinction », explique Andréaz Dupoué, coauteur de l’étude.

Pour l’heure, il est encore difficile de prévoir exactement la date de l’extinction des lézards vivipares dans le Massif central. Mais les chercheurs pensent qu’elle sera « quasi certaine dans dix ans », peut-être « bien plus précoce ». Cette espèce, qui s’adapte très bien aux climats plus froids, est encore bien présente en Irlande et au Japon.