Béluga dans la Seine : L’animal a été sorti de l’eau et a passé des examens pour déterminer s'il peut retourner à la mer

SAUVETAGE Environ 80 personnes, dont une vingtaine de plongeurs, ont été mobilisées pour cette extraction particulièrement risquée

20 Minutes avec AFP
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Le béluga égaré dans la Seine a été sorti de l'eau vers 4 heures du matin le 10 août 2022.
Le béluga égaré dans la Seine a été sorti de l'eau vers 4 heures du matin le 10 août 2022. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Le monde aura retenu son souffle pendant six heures. Egaré depuis une semaine dans la Seine, le béluga est sorti de l’eau. L’opération périlleuse pour tenter de sauver le cétacé d’environ 800 kg n’est toutefois pas encore terminée. Son transport vers la mer reste soumis aux résultats des examens de santé réalisés juste après son extraction périlleuse de l’écluse de Saint-Pierre-la Garenne dans l'Eure. « Nous attendons les résultats de la prise de sang et des échographies, et en fonction des résultats la décision sera prise s’il doit ou non prendre la route vers la mer », a déclaré Isabelle Dorliat-Pouzet, la sous-préfète d’Evreux.

La sous-préfète s’exprimait une heure après que le cétacé de près de 800kg a été sorti de l’eau dans un filet tracté par une grue et déposé, avec succès, sur une barge. « Au moment où je vous parle, il est vivant, il est sur la barge, il a survécu. Il est en cours de soins », a-t-elle confirmé. « On a pu constater que c’est un mâle, qu’il lui manque énormément de poids et qu’il a quelques plaies ». Une perfusion a été pratiquée « pour l’hydrater et lui permettre de tenir le coup hors de l’eau ».

Plusieurs tentatives 

Les 24 plongeurs engagés et les sauveteurs manipulant les cordages autour de l’écluse ont dû s’y reprendre à plusieurs fois, entre 22 heures et 4 heures du matin, pour attirer l’animal dans les filets et la structure capable de le soulever hors de l’eau.


Le cétacé, dont l’état de santé a été jugé « alarmant », a fini par être soulevé dans un filet tracté par une grue et déposé sur une barge, où il a été immédiatement pris en charge par une dizaine de vétérinaires vêtus de combinaisons blanches. Pendant de longues minutes d’incertitude, l’imposant cétacé s’est retrouvé suspendu en l’air, agitant son corps blanc long de quatre mètres, luisant au-dessus des têtes de ses sauveteurs, à la fois concentrés et fascinés.

Encore trois jours avant la haute mer

Le béluga, animal évoluant en eaux froides, dont la présence dans la Seine est exceptionnelle, doit ensuite être placé dans un camion réfrigéré qui le transportera hors d’eau, « sur de la paille ou un autre élément de confort », à destination du littoral à environ 160 km, avait précisé Isabelle Dorliat-Pouzet, avant le début de la délicate opération.

Un bassin d’eau de mer, dans une écluse du port de Ouistreham (Calvados), a été mis à disposition pour réceptionner l’animal, qui y restera trois jours, « le temps qu’on organise son rapatriement en pleine mer et qu’on observe son état de santé », selon la sous-préfète. Il devrait ensuite être emmené en haute mer pour y être relâché « assez loin des côtes » et « laisser la nature reprendre ses droits », a-t-elle estimé.