L’eau qui entoure le plus grand glacier du monde n’a jamais été aussi chaude

RECHAUFFEMENT Depuis 1990, les eaux de l’Antarctique ont augmenté de 0,3 à 0,9 °C chaque décennie

20 Minutes avec agence
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La température des eaux de l'Antarctique australe augmente de plus en plus vite (illustration).
La température des eaux de l'Antarctique australe augmente de plus en plus vite (illustration). — Schmid-Reportagen / Pixabay

L’inlandsis Est-Antarctique est le plus grand glacier de la planète. Presque aussi grand que les Etats-Unis, il recouvre la majeure partie de l’Antarctique. S’il semblait être, à ce jour, encore épargné par le réchauffement climatique, une étude, publiée ce mardi dans Nature Climate Change, révèle qu’il serait désormais lui aussi menacé.

En effet, comme l’ont rapporté nos confrères de Numerama, les eaux qui l’entourent seraient de plus en plus chaudes. En étudiant près de 90 années d’observations océanographiques dans la région, les auteurs de l’ étude ont constaté que les températures des eaux de l’Antarctique australes avaient augmenté de 0,1 à 0,4 °C par décennie durant la première moitié du XXe siècle, puis de 0,3 à 0,9 °C par décennie des années 1990 à aujourd’hui.

Des dommages climatiques catastrophiques

Selon les scientifiques, le dérèglement climatique est clairement à l’origine de ce réchauffement des eaux. L’augmentation des gaz à effet de serre modifie le sens du vent, amenant les vents d’Ouest vers l’Antarctique en été. Ces derniers apportant avec eux les eaux chaudes. Résultat, alors que l’inlandsis Est-Antarctique avait été jusque-là préservé grâce aux eaux très froides qui le ceinturent, il est désormais affecté.

Les auteurs de cette étude alertent donc sur « l’urgence de limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 ℃, afin d’éviter les dommages climatiques les plus catastrophiques ». En effet, si la stabilité du glacier était atteinte, cela pourrait avoir de graves conséquences. « Les eaux plus chaudes et l’élévation du niveau de la mer qui en résultent peuvent endommager la vie marine et menacer les établissements humains côtiers », ont-ils précisé.