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ECOLOGIELe programme Repic permet de replanter des posidonies en Méditerranée

Méditerranée : Un programme unique en France permet de replanter des posidonies détruites par les navires

ECOLOGIELes posidonies sont des espèces protégées essentielles à l’écosystème de la Méditerranée. Leurs rhizomes poussent d’un à cinq centimètres par an mais sont arrachés en quelques secondes par de mauvais ancrages de bateaux. Depuis 2019, le projet Repic replante ce qui a été détruit
La mission Repic a pour but de replanter les posidonies arrachées par les ancres des bateaux et ainsi «donner un petit coup de pouce à la nature»
La mission Repic a pour but de replanter les posidonies arrachées par les ancres des bateaux et ainsi «donner un petit coup de pouce à la nature» - Mission REPIC_Andromède Océanologie- Laurent Ballesta / 20 Minutes
Elise Martin

Elise Martin

L'essentiel

  • Depuis trois ans, un programme d’Andromède Océanologie nommé Repic permet de replanter les posidonies arrachées en Méditerranée.
  • L’équipe du projet a constaté une régression des herbiers de cette espèce protégée de 100 hectares en sept ans près d’Antibes.
  • Déjà 350 m2 ont été restaurés, l’objectif est d’atteindre les 1.000 m2 d’ici 2024, soit 0,1 hectare.

Depuis trois ans, le programme Repic, unique en France dans son protocole, passe sa période estivale la tête sous l’eau à Antibes et va bientôt se diriger vers Beaulieu-sur-Mer. Ce projet mené par Andromède Océanologie restaure la posidonie impactée par les ancres de bateaux. Ces espèces protégées, essentielles à l’écosystème de la Méditerranée, ont les rhizomes qui grandissent d’un à cinq centimètres par an mais sont arrachés en quelques secondes par de mauvais ancrages.

C’est d’ailleurs pour protéger ces herbiers qu’un arrêté a été pris par la préfecture maritime en 2020 pour interdire de mouillage – le fait d’immobiliser son navire à l’aide d’une ancre – dans certaines zones de la Côte d’Azur aux yachts de plus de 24 m. Malgré cette mesure, l’équipe de Repic estime qu’un « rétablissement naturelle » de l’espèce est « peu probable » et a décidé de prendre les choses en main.

L’équivalent de 70 terrains de football disparus en sept ans

Le programme profite de la nouvelle réglementation pour « récolter des fragments arrachés naturellement ou par les ancres des bateaux et les réimplante dans ces zones protégées ». Pour ce faire, des cartographies ont d’abord été réalisées pour cibler les endroits prioritaires. « On a commencé par Antibes car on a constaté qu’entre 2011 et 2018, les herbiers de posidonies avaient régressé de 100 hectares », développe Gwenaëlle Delaruelle, chargée de projet pour Andromède Océanologie. Soit l’équivalent de plus de 70 terrains de football.

« L’objectif est de reconquérir ces surfaces et aider la nature avec un petit coup de pouce. D’ici 2024, on aimerait avoir restauré 1.000 m2 », poursuit la cheffe de projet. En trois ans, 350 m2 ont été reconstruits. Les actions se déroulent à chaque fois durant les périodes estivales qui sont « optimales » avec une forte présence de navires et ainsi, davantage de posidonies arrachées à replanter. « Au total, depuis 2019, ça représente 51 jours de travail et plus de 430 heures de plongée », précise Gwenaëlle Delaruelle.

En Méditerranée, la Côte d’Azur concentre 80 % de l’activité de plaisance

Prochaine destination ce vendredi : Beaulieu-sur-Mer. « On va à des endroits où des herbiers ont été détruits car dans notre protocole, il n’y a aucun impact négatif », souligne la cheffe de projet. D’autres secteurs en Méditerranée ont été repérés pour poursuivre cette mission et se situent surtout sur la Côte d’Azur, là où « beaucoup de posidonies sont présentes » et où « plus de 80 % de l’activité de plaisance est concentrée ».

Pour l’heure, impossible de connaître les résultats de ce programme car il faut attendre « des années » pour voir une tendance apparaître. « Si les conditions naturelles ne changent pas, les herbiers ont déjà montré une capacité importante de reprise, affirme la responsable. Ça peut fonctionner ! Même si c’est seulement 50 %, c’est déjà ça de pris et c’est formidable pour l’environnement. »

En attendant, l’équipe d’Andromède Océanologie profite de ces actions pour observer l’impact de la petite plaisance, qui ne fournit pas de données AIS (identification du navire) comme les « grosses unités », sur la posidonie et essaie de pousser au maximum les usagers de la mer à utiliser l’application « Donia ». Un outil qui permet d’avoir des informations en temps réel, répertorie tous les herbiers en mer et indique où il est possible ou non de jeter l’ancre et ainsi, permettre de protéger la planète.

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