Climat : 84 dirigeants d’entreprise français appellent à la « sobriété énergétique »

ENVIRONNEMENT « La sobriété économique organisée est un moyen de ne pas faire peser le poids de la transition sur les plus démunis », estiment les signataires

20 Minutes avec agences
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Des panneaux solaires (photo d'illustration).
Des panneaux solaires (photo d'illustration). — Pixabay

Ils sont 84 dirigeants d'entreprise à s’engager dans la lutte contre le changement climatique. Dans une tribune parue dans le Journal du Dimanche, ils expliquent leur objectif : « Passer d’une sobriété d’urgence à une sobriété organisée. » Les signataires appartiennent pour la plupart à l’économie sociale et solidaire ou au milieu associatif, mais certains dirigent de grosses structures, comme Jean-Bernard Lévy d’EDF, Hélène Bernicot du Crédit Mutuel Arkéa, et Pascal Demurger de l’assureur MAIF.

« Une sobriété durable passera obligatoirement par un partage de la valeur équitable et par une intégration du temps long au sein de l’entreprise, et donc par des évolutions de gouvernance », affirme le texte.

Aller encore plus loin

Dimanche dernier, les patrons des trois énergéticiens français TotalEnergies, EDF et Engie avaient appelé les Français à réduire immédiatement leur consommation de carburant, de pétrole, d'électricité et de gaz face au risque de pénurie menaçant « la cohésion sociale » l’hiver prochain. Cet appel s’adressait aux particuliers comme aux entreprises, mais restait limité à la consommation d’énergie.

L’appel des 84 dirigeants va plus loin, en voulant intégrer au cœur de la stratégie des entreprises les « démarches d’économie circulaire, d’économie d’usage, de relocalisation, de régénération de la biodiversité, ou encore d’alignement des réductions carbone de l’entreprise avec l’ accord de Paris » sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Faire évoluer notre modèle global de compétitivité »

Selon les auteurs de la tribune, « la sobriété économique organisée est un moyen de ne pas faire peser le poids de la transition sur les plus démunis ». Ils espèrent « faire évoluer notre modèle global de compétitivité », afin de « sortir enfin les entreprises d’une perpétuelle injonction contradictoire » entre objectifs financiers d’un côté, climatiques et sociaux de l’autre.

Ils ajoutent qu’ils proposeront ce « choix collectif » le 30 août lors « des Universités d’été de l’économie de demain » à Paris. Ce forum se tiendra séparément, mais concomitamment, de l’université d’été de la première organisation patronale française, le Medef, rebaptisée Rencontre des entrepreneurs de France (REF).