Alsace : Avec un record d’animaux sauvages en détresse, la LPO lance un appel à l’aide

ANIMAUX Après la canicule et les orages de juin, les animaux de la petite faune sauvage affluent à l’hôpital de la LPO Alsace. L’association, qui manque de fonds et de bras, lance un appel aux dons sur son site Internet

Gilles Varela
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Un hérisson à l'hôpital de la LPO Alsace
Un hérisson à l'hôpital de la LPO Alsace — LPO Alsace
  • Après la vague de chaleur et les orages de juin, le centre de soins pour la faune sauvage en détresse de la LPO Alsace est confronté à des chiffres records de pensionnaires et de dépenses.
  • Cent animaux supplémentaires ont été recueillis ce mois-là par l’hôpital de l’association à Rosenwiller (Bas-Rhin) par rapport à la même période l’année dernière.
  • Des bébés hirondelles, des mésanges, des hérissons, etc. ont été pris en charge en juin. Une situation qui conduit la LPO Alsace à faire un appel à la générosité.

« L’accueil d’animaux en détresse est exponentiel », s’inquiète Cathy Zell de la LPO Alsace. Canicule, orages violents, grêle, sécheresse… La petite faune sauvage a souffert des derniers phénomènes climatiques extrêmes, et cela d’autant plus qu’ils ont été précoces cette année et en pleine période de reproduction et de nourrissage des jeunes. Résultat, le nombre de pensionnaires recueillis à l’hôpital de l’association à Rosenwiller  ( Bas-Rhin) atteint chaque année plus de 5.200 animaux, cent de plus recueillis en juin comparé à l’année dernière pour la même période.

Si près de 17 cigognes ont été blessées par l’épisode de grêle fin juin, c’est la vague de chaleur qui a fait des ravages. Les jeunes martinets et hirondelles en ont été les premières victimes, plus d’une centaine en un week-end ont été déposés au centre de la LPO Alsace. Les hérissons sont la troisième espèce la plus représentée, avec plus d’une quarantaine de bébés en soin au mois de juin.  « Autant de jeunes qui demandent à la fois une attention qui est chronophage, car le biberonnage et la becquée doivent être assurés toutes les deux heures avec des aliments très particuliers », précise Cathy Zell. « Les conséquences sont donc extrêmement importantes sur le travail que l’on doit faire et coûteux car il faut des personnes en plus et une alimentation spécialisée pour chaque espèce. Les bénévoles se relayent de 6h30 à 23h30, et une équipe de permanents est indispensable pour assurer une continuité dans le suivi des animaux, car c’est un hôpital. »

Des fonds et des bras

Problème, la LPO Alsace – qui compte pourtant une soixantaine de bénévoles, de salariés, de stagiaires, d’écovolontaires, d’étudiants Erasmus – commence à manquer de fonds et de bras. Le besoin de dons est la conséquence de soins qui peuvent être longs. « Les animaux restent jusqu’à ce qu’ils puissent être libérés et quand ce sont des tout-petits, on les conduit jusqu’à l’émancipation, explique Cathy Zell. Une mésange met trois semaines à grandir, une cigogne deux mois et demi. »

A chaque évènement climatique, son lot de victimes. Lors des canicules, les hirondelles et les martinets sont vulnérables car les deux espèces nichent sous les toits où la température peut atteindre les 50 degrés. Quand il y a une tempête de grêle ou de très fortes pluies, c’est au contraire les nids exposés à la météo qui souffrent, comme ceux des cigognes. « Chaque phénomène affecte telle ou telle espèce. En ce moment, avec la sécheresse, les oiseaux ont besoin d’eau pour rafraîchir leur plumage, pour enlever les parasites, pour boire. »

Parallèlement aux phénomènes météo, s’ajoute pour la LPO, comme pour tout un chacun, l’augmentation du coût de la vie, notamment du carburant. Un point important mais incontournable qui contribue à plomber la comptabilité de l’association qui va chercher quotidiennement les animaux déposés à son point relais du Haut-Rhin. « En fait, les coûts augmentent sur tous les postes », souligne Cathy Zell. Aussi la LPO Alsace lance un appel à la générosité. Des dons qui lui permettront d’aider à l’achat des produits nécessaires (nourriture, médicaments…) et d’assurer la continuité des soins.