Réchauffement climatique : Lyon deviendra-t-elle la ville la plus chaude de France en 2040 ?

TEMPERATURES La mise à jour des normales saisonnières des météorologues révèle que Lyon a aujourd'hui le même climat que Montélimar, il y a 30 ans. La tendance devrait s'accentuer dans la décennie à venir

Caroline Girardon
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Lyon bénéficie désormais du même climat que Montélimar, il y a 30 ans.
Lyon bénéficie désormais du même climat que Montélimar, il y a 30 ans. — Konrad / Sipa
  • Selon la dernière mise à jour des normales saisonnières, la ville de Lyon bénéficie désormais du même climat que Montélimar dans les années 1990 et Strasbourg, celui de Lyon, il y a 30 ans.
  • Si le réchauffement climatique est palpable partout en France, il est particulièrement probant à Lyon.
  • La capitale des Gaules pourrait bien devenir la deuxième ville française la plus impactée par la future hausse des températures en 2040.

Une preuve du réchauffement climatique ? Les relevés de températures, soigneusement scrutées par les météorologues. Le constat est sans appel. Lyon a aujourd’hui le même climat que Montélimar, dans la Drôme, il y a trente ans. Et Montélimar, le même que celui de Nîmes, ville du Gard. Quant à Strasbourg ou Dijon, elles ont celui de… Lyon des années 1990.

De 1991 à 2020, le mercure a grimpé de 0,6 °C en moyenne dans la capitale des Gaules. Peu, répondront certains. Pourtant, la différence est palpable sur le terrain. Les précipitations ont diminué de 10 % et l’ensoleillement a augmenté de 2 %. Par rapport à la période 1981-2010, Lyon enregistre désormais 7 jours de plus par an au cours desquels les températures dépassent les 30 °C. « Ce sont également 10 jours de moins de gel par an et 9 jours supplémentaires où le vent souffle à plus de 50 km/h », développe Romain Weber, fondateur du site Lyon Météo.

De climat continental à climat méditerranéen

« Le climat méditerranéen est remonté à Lyon, qui bénéficiait d’un climat continental, résume le jeune homme. Avant, on avait des étés chauds et des hivers très froids. Aujourd’hui, il n’y a plus d’hiver froid. » Le record de -24,6 °C, observé le 22 décembre 1938, n’est pas près d’être battu. « Désormais, le mercure a dû mal à descendre en dessous de -5 degrés mais surtout l’hiver s'est considérablement raccourci. On est sur une saison d’un mois », constate Romain Weber.

Autre changement notable : la saison du printemps est, elle aussi, « de plus en plus courte ». « Si l’on regarde, on a globalement un automne qui s’étale de la fin octobre à début avril, même si l’on peut avoir un mois de froid au milieu. Il n’y a plus de saisons marquées comme avant », constate le météorologue.

Lyon, deuxième ville de France la plus impactée en 2040

Les périodes de sécheresse qui s’intensifient au fil des années, la récurrence des épisodes caniculaires et leur durée constituent d’autres indicateurs du réchauffement climatique. A titre d’exemple, dans les années 2000, on dénombrait 11,5 jours de fortes chaleurs à Lyon, contre 3,6 au XXe siècle. Si la tendance est générale, le phénomène est particulièrement probant dans la capitale des Gaules. Selon un rapport de L’European Data Journalism Network, publié en 2018, Lyon est la plus grande ville de France touchée par le réchauffement climatique en 117 ans.

A cela, deux raisons : « un manque cruel d’espaces verts » et sa position géographique à la sortie de la vallée du Rhône, avance Romain Weber pour lequel la situation devrait s’intensifier dans les prochaines années. Selon Le Figaro, qui a compilé les projections des climatologues concernant l’après 2040, Lyon sera la deuxième ville française la plus impactée par la future hausse des températures (14,8 jours, 11,9 nuits), juste derrière Annecy et devant Saint-Etienne, Avignon et Valence. D’après les prévisions les plus pessimistes, il devrait même faire à Lyon le climat d’Alger en 2100…