Bretagne : Les capteurs se multiplient pour contrôler les gaz toxiques s’échappant des algues vertes

POLLUTION La région s’attend à un été compliqué sur le plan des échouages qui ont démarré très tôt cette année, faisant craindre des émanations d’hydrogène sulfuré

Camille Allain
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La plage de la Grandville, à  Hillion, ici recouverte d'algues vertes en juin 2021.
La plage de la Grandville, à  Hillion, ici recouverte d'algues vertes en juin 2021. — C. Allain / 20 Minutes
  • De nouveaux capteurs ont été installés aux abords des baies envahies par les algues vertes.
  • L'objectif est de surveiller les concentrations en hydrogène sulfuré, un gaz toxique qui s'échappe des algues en putréfaction.
  • Les autorités ont déployé des moyens financiers supplémentaires pour accompagner les agriculteurs des secteurs concernés.

C’est un gaz très toxique qui a déjà tué des chevaux, des chiens et des sangliers. Si la justice n’a encore jamais pu le prouver​, l’hydrogène sulfuré qui s’échappe des algues vertes a sans doute déjà tué des hommes en Bretagne. Dangereux pour l’humain comme pour les animaux, le H2S va être surveillé de plus près par les autorités. Ce jeudi, l’Agence régionale de santé et la préfecture de région ont annoncé que huit capteurs d’hydrogène sulfuré avaient été installés à proximité de zones d’échouage d’algues vertes dans les Côtes-d’Armor et le Finistère. Quatre capteurs avaient déjà été installés ces deux dernières années dans la région.

Ce réseau de capteurs permettra de détecter les situations d’émissions anormales du gaz et d’alerter les autorités « et d’adapter les mesures de gestion de la zone et de protection de la population » précise l’ARS. Les données qui sont collectées seront également disponibles dès le mois de juillet sur le site de l’association Air Breizh chargée de surveiller la qualité de l’air dans la région. Les autorités insistent sur « le devoir de transparence » vis-à-vis de la population. Le seuil de dépassement est fixé à 1 ppm (partie par million), comme le recommande le Haut conseil de santé publique. A ce seuil, le corps humain détecte en général une odeur « d’œuf pourri ». On estime qu’un œdème pulmonaire peut survenir à une concentration de 300 ppm et une perte de conscience rapide peut être provoquée par une concentration de plus de 500 ppm.

Un été pourri sur les plages bretonnes ?

Alors que les échouages ont été très précoces cette année, notamment en raison de la faible dispersion des algues l’hiver dernier. Les autorités s’attendent à un été compliqué sur les plages bretonnes car les quantités d’ulves sont importantes aux abords du littoral.

D’autres mesures ont également été annoncées ce jeudi en marge du Carrefour de l’eau organisé à Rennes. Le plan de lutte contre la prolifération des algues vertes 2022-2027 prévoit un renforcement des moyens de l’État sur le volet réglementaire. Certaines mesures contraignantes pourraient être imposées aux agriculteurs évoluant dans les bassins-versants des huit baies concernées. De nombreuses associations environnementales avaient demandé un élargissement des mesures à toute la Bretagne, de plus en plus de sites « hors contrats territoriaux » étant concernées par la prolifération. De nouvelles aides financières devraient être débloquées et permettre « l’accompagnement de 190 nouveaux agriculteurs », selon la préfecture.