Pays-de-la-Loire : Les chiffres inquiétants du premier rapport du Giec régional sur le réchauffement climatique

CLIMAT Des experts ont planché pendant un an et demi sur les conséquences du réchauffement climatique dans la région

Julie Urbach
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A cause de la sécheresse, la terre est craquelée à certains endroits, comme ici près d'Ancenis en Loire Atlantique, le 22 mai 2011.
A cause de la sécheresse, la terre est craquelée à certains endroits, comme ici près d'Ancenis en Loire Atlantique, le 22 mai 2011. — JS EVRARD/SIPA
  • Le Giec des Pays-de-la-Loire a été créé pour aider les élus de la région à prendre les bonnes décisions.
  • Faune menacée, sécheresse, températures... Le réchauffement climatique pourrait avoir des conséquences très nettes ces prochaines années.
  • 40% des poissons seraient ainsi menacés d'extinction.
  • Nantes et Angers pourraient connaître un climat proche de celui de Biarritz.

Il doit aider les élus à prendre les bonnes décisions. Un an et demi après sa création, le Giec des Pays-de-la-Loire vient de rendre un premier rapport très fourni. A l’instar de celui des Nations Unies, ce groupe d’experts n’est pas très optimiste quant aux conséquences du réchauffement climatique dans la région, si rien n’est fait pour le limiter. Voici quelques chiffres qu’il contient.

40 % des poissons menacés d’extinction

Zones humides, bocages, prairies… La région des Pays-de-la-Loire dispose de nombreux paysages favorables à la biodiversité. Pour autant, ils sont mis « sous pression » par les activités humaines. D’après les experts, « 40 % des poissons, 30 % des oiseaux et amphibiens, 24 % de la flore, 21 % des reptiles et 10 % des mammifères se trouvent menacés d’extinction sous l’effet conjugué de la modification et du recul des milieux naturels dans la région, de la détérioration des ressources en eau, de l’altération des zones humides, du développement d’espèces exotiques envahissantes ou encore de l’extension de l’agriculture intensive. »

Avec 2°C de plus, Nantes pourrait ressembler à Biarritz

Agriculture, transport routier et industrie sont les trois premières sources d’émission de gaz à effet de serre dans la région. Conséquence, le climat régional apparaît « de moins en moins tempéré », constatent les experts. Selon les scénarios, les températures pourrait croître de 1 à 1,15 °C, voire de 2 à 2,5°C en 2055 : Nantes et Angers pourraient alors afficher des températures annuelles moyennes équivalentes à celles de Biarritz ces derniers temps ! Ce qui pourrait entraîner la disparition pure et simple des vagues de froid.

Dans 80 ans, 95 jours de chaleur par an

A contrario, la région a enregistré autant de vagues de chaleur entre 2000 et 2020 que lors des cinq décennies précédentes, écrit le Giec. Au total, elle pourrait compter 95 jours chauds par an à l’horizon 2100 au lieu de 45 jours dans un scénario de forte atténuation des émissions de gaz à effet de serre. Il faudra aussi se préparer à affronter de très fortes chaleurs, avec possiblement une dizaine de jours par an pendant lesquels le mercure dépassera les 35°C. « La sécheresse constitue l’une des conséquences les plus préoccupantes des changements climatiques pour la région », indiquent les experts. Avec des tensions en eau potable à craindre en raison du réchauffement de l’eau de la Loire (où elle est majoritairement puisée), qui constitue un danger pour sa bonne qualité.

Le risque de feux de forêt en hausse de 20 %

Les « événements extrêmes » comme les tempêtes ou les feux de forêt devraient être plus nombreux ces prochaines années. « Compte tenu de la forte exposition du littoral des Pays de la Loire aux vents et de l’étendue de ses zones basses côtières, on sait que la région figure parmi les plus vulnérables au phénomène météorologique » de submersion, lit-on. Dans les Pays-de-la-Loire, d’ici à la fin du siècle, le risque de feux de forêt pourrait progresser de 20 % à 30 % sur la côte atlantique, toutefois moins exposée que certaines régions du sud.