Réchauffement climatique : La France devra débourser 2,3 milliards d’euros de plus par an pour s’adapter

ENVIRONNEMENT « Pour l’instant on n’est pas prêts », regrette le directeur général du groupe de réflexion qui a réalisé le rapport

20 Minutes avec agences
Une semaine de canicule est attendue en France (illustration).
Une semaine de canicule est attendue en France (illustration). — M.Libert / 20 Minutes

2,3 milliards d’euros de plus par an. Voici ce que doit débourser la France si elle veut s’adapter au changement climatique dans les années à venir, selon une étude. Bâtiments, réseaux d’eau, d'énergie ou de transports, préparation des zones littorales ou de montagne, études sur les impacts sanitaires : la tâche reste colossale.

« Pour l’instant on n’est pas prêts et notamment au niveau du financement », relève Benoît Leguet, directeur général du groupe de réflexion Institute for Climate Economics (I4CE) qui a réalisé ce rapport. L’adaptation « en général, c’est oublié, et le financement passe de la même façon au second plan », a-t-il regretté lors d’une présentation. Car si « c’est bien d’avoir des objectifs climatiques, c’est encore mieux si ces objectifs sont assortis d’un plan de financement pour accompagner les acteurs qui vont faire cette transition ».

18 mesures proposées

L’étude définit 18 mesures, déclinées en trois grands chapitres : financement de postes pour « améliorer l’animation et le pilotage de la politique d’adaptation », pour un montant global de 250 millions d’euros ; renforcer les services contribuant déjà à l’adaptation (météo, protection civile…), pour 540 millions d’euros ; financements dédiés pour des projets « déjà mûrs », notamment sur les réseaux d’infrastructures ou l’habitat, pour un total de 1,5 milliard d’euros.

Soit « au moins 2,3 milliards d’euros par an additionnels qui peuvent être mobilisés dès le prochain projet de loi de finances », insiste le rapport. « A court terme il faut s’assurer que le sujet de l’adaptation bénéficie d’un portage interministériel de haut niveau », si possible à Matignon, et des moyens humains et financiers, relève Morgane Nicol, une des auteurs.

Faire face à une « augmentation des risques »

Certains des investissements serviront à faire face à une « augmentation des risques » déjà existante, comme l’extension géographique et saisonnière des feux de forêt, qui va nécessiter plus de fonds pour les services de secours pour maintenir le même niveau d’efficacité, relèvent les auteurs.

Leurs 18 propositions vont de budgets relativement modestes à des enveloppes de centaines de millions. Une « enveloppe annuelle de soutien à l’extension des bonnes pratiques d’adaptation en ville » est ainsi évaluée à 500 millions d’euros, tout comme les surcoûts dans les constructions futures « des bâtiments d’enseignement et de recherche ».

Car il importe que « les nouveaux investissements soient adaptés, notamment les décisions qui engagent des montants à venir bien plus importants que ces 2,3 milliards » d’euros, insiste un autre des auteurs, Vivian Dépoues.