Paris : Des associations demandent des contrôles des deux-roues polluants

POLLUTION 80 % des deux-roues à moteur thermique sont en infraction sur leur niveau de pollution, selon la préfecture citée par les associations

20 Minutes avec AFP
Manifestation de motards en avril 2021 (Illustrtaion)
Manifestation de motards en avril 2021 (Illustrtaion) — JEANNE ACCORSINI/SIPA

Elles ont les motos et scooters dans le collimateur. Les associations Respire, Ras le Scoot et Paris Sans Voiture ont annoncé mardi avoir déposé un recours contentieux contre la mairie et la préfecture de police de Paris, demandant des contrôles des deux-roues polluants.

Dans leur recours déposé devant le Tribunal administratif de Paris, les associations et 20 citoyens souhaitent que les autorités de police contrôlent et sortent de la circulation les deux-roues motorisés « pour réduire la pollution atmosphérique et protéger la santé publique », est-il indiqué dans un communiqué. Elles citent l’article R-318-1 du Code de la route, selon lequel « les véhicules à moteur ne doivent pas émettre de fumées, de gaz toxiques, corrosifs ou odorants, dans des conditions susceptibles d’incommoder la population ou de compromettre la santé et la sécurité publiques ».

80 % des deux roues sont en infraction

« Les contrôles de verbalisation et de sanction sur les deux-roues motorisés ne sont aujourd’hui pas mis en place, alors même qu’ils sont une source de pollution atmosphérique et sonore importante », accuse Tony Renucci, directeur général de Respire. « La Ville de Paris doit être exemplaire et précurseur, dans le cadre de la Zone à faibles émissions et en vue des JO 2024. »

« La Mairie de Paris et la préfecture se retranchent derrière l’absence de tout outil technique disponible [pour verbaliser], alors même que, selon la préfecture, 80 % des deux roues sont en infraction », souligne de son côté Camille Mialot, avocat de l’association Respire.

« Laxisme de la part de l’Etat »

La Mairie de Paris a déjà prévu de mettre en place au 1er septembre le stationnement payant pour les deux-roues à moteur thermique (2RM). Selon David Belliard, adjoint (EELV) aux mobilités et à la transformation de l’espace public, les associations disent via ce recours « que l’Etat a organisé le laxisme sur le contrôle ».

« Macron a souhaité que ces ZFE soient systématiques dans les agglomérations de plus de 150.000 habitants mais sans mesure d’accompagnement pour les plus précaires ni sanction automatique, sans possibilité d’avoir de radar automatique pour vérifier leur vignette. Il y a une forme de laxisme de la part de l’Etat du point de vue des 2RM », a poursuivi l’élu parisien mardi en présentant le service d’enregistrement pour le stationnement des deux-roues. « On a encore des efforts à faire, nous, Ville [de Paris], pour sortir de cette logique : on y va réellement pour remettre les 2RM dans le droit commun en termes d’usage de l’espace public et de probabilité de sanction/contrôle », a souligné Belliard.