Glyphosate : Un agriculteur condamné pour avoir contaminé le miel d’un apiculteur

ENVIRONNEMENT Il devra verser près de 15.000 euros à l'apiculteur

20 Minutes avec Agences
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L'apiculteur avait dû détruire une partie de sa production. Illustration
L'apiculteur avait dû détruire une partie de sa production. Illustration — FRED SCHEIBER

La justice allemande a ordonné lundi à un exploitant agricole de dédommager un apiculteur dont le miel avait été contaminé au glyphosate, dans un jugement qualifié de « signal » par des défenseurs de l’environnement. Le tribunal régional de Francfort-sur-l’Oder a considéré que la contamination du miel constituait une atteinte à la propriété.

Du nectar de pollen contaminé

L’entreprise agricole qui a pulvérisé le produit phytosanitaire à côté des ruches a commis, selon le jugement, un manquement à ses obligations par négligence. L’entreprise agricole, dirigée par des investisseurs néerlandais et installée non loin de Berlin, dans la région du Brandebourg, devra verser 14.544 euros à l’apiculteur.

Au printemps 2019, ce dernier avait installé des ruches dans le voisinage de l’exploitation. Quelques semaines plus tard, l’entreprise a traité la surface avec des produits phytosanitaires contenant du glyphosate et le nectar ou le pollen contaminé a été transporté par les abeilles jusqu’à la ruche. L’apiculteur a dû détruire la cire et le miel qui en résultait, et il a déclaré avoir cessé son activité en raison de ces dommages.


Un « signal précurseur pour l’agriculture »

La fondation allemande Aurelia, qui milite pour la préservation des abeilles et soutenait l’agriculteur, a qualifié le jugement de « signal précurseur pour l’agriculture et la politique ». « Jusqu’à présent, les apiculteurs subissaient les dommages causés par d’autres si leur miel était contaminé par des pesticides issus de l’agriculture. Le fait que les agriculteurs puissent être tenus responsables des dommages causés par les pesticides contribuera, espérons-le, à réduire la fréquence de ces dommages », a commenté dans un communiqué son directeur, Thomas Radetzki.