Pyrénées : Les tirs (non létaux) pour effaroucher les ours de nouveau autorisés

BIODIVERSITE Un arrêté ministériel autorise à nouveau, et cette fois définitivement, l’effarouchement par des tirs non létaux des ours des Pyrénées rôdant trop près des troupeaux. Un procédé qui fait polémique dans le massif

H.M. avec AFP
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Un ours brun, comme ceux qui vivent dans les Pyrénées. Illustration.
Un ours brun, comme ceux qui vivent dans les Pyrénées. Illustration. — Duncan Usher - Solent - Sipa
  • Un arrêté ministériel publié ce mardi autorise le recours à l’effarouchement « renforcé » des ours par des tirs non létaux.
  • Ce procédé utilisé depuis trois ans à titre expérimental dans les Pyrénées a déjà été jugé illégal à deux reprises par la justice.
  • Les défenseurs des ours sont étonnés de cette autorisation et préparent un nouveau recours.

Le mieux, pour les ours amateurs de chair fraîche, c’est de planquer leur arrière-train. Car des balles en caoutchouc pourraient fuser. Dans un arrêté publié ce mardi au Journal officiel, le ministère de la Transition écologique pérennise en effet les procédés d’effarouchement des plantigrades prédateurs de troupeaux testés depuis trois ans dans les Pyrénées.

La décision concerne l’effarouchement « classique » avec des phares, torches, sifflets ou cornes de brume mais aussi la mesure beaucoup plus controversée d’effarouchement dit « renforcé ». Ce dernier permet, après autorisation du préfet du département, de recourir à des tirs non létaux pour apeurer un ours qui rôderait trop près d’un troupeau. Il est vivement contesté par les associations pro ours. Elles ont d’ailleurs obtenu déjà à deux reprises gain de cause devant le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative du pays, concernant les arrêtés ministériels qui autorisaient l’effarouchement renforcé à titre expérimental.

Nouveau round judiciaire

D’où disons l’agacement des amis des ours à la lecture de ce nouvel arrêté. « Nous sommes très déçus et, malheureusement, pas surpris de l’attitude de l’Etat qui, contre tous les avis – celui des experts, de la justice et des populations – continue à vouloir effaroucher les ours dans les Pyrénées », réagit Alain Reynes, le directeur de l’association Adet-Pays de l’ours. « Ce procédé coûte cher, n’a aucunement démontré son efficacité et est dangereux pour les ours », poursuit le militant. Il indique aussi « qu’évidemment » un nouveau recours va être déposé. Pour les arrêtés précédents, la procédure a duré deux ans.

Il y a 70 ours recensés dans les Pyrénées, un nombre qui selon les spécialistes n’assure pas encore la pérennité de l’espèce. De nombreux bergers s’opposent à leur présence. En 2021, 486 dossiers d’indemnisation ont été déposés pour un total de 723 bêtes d’élevage tuées mais la responsabilité d’un ours n’a pas toujours pu être prouvée.