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CHALEURCes abribus offrent une sensation de fraîcheur sans eau ni électricité

Canicule : Ces abribus offrent une sensation de fraîcheur sans eau ni électricité

CHALEURCes abribus, qui utilisent des techniques ancestrales, sont testés à Montpellier (Hérault)
Ces abribus créent une sensation de fraîcheur sans eau ni électricité
Ces abribus créent une sensation de fraîcheur sans eau ni électricité - N. Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes
Nicolas Bonzom

Nicolas Bonzom

L'essentiel

  • La métropole de Montpellier teste des abribus d’un nouveau genre qui offrent aux usagers une sensation de fraîcheur, sans utiliser d’eau, ni d’électricité.
  • Ces stations utilisent des techniques ancestrales comme une céramique ajourée, qui offre une ventilation naturelle, ou des plaques noires, qui captent la chaleur.
  • Les Montpelliérains peuvent tester ces abribus sur le parvis de l’hôtel de ville, jusqu’au 1er juillet, avant une installation au Park Eurêka et sur le pont Juvénal.

Un banc en pierre, une plante grimpante, un petit toit. A première vue, la seule innovation de ces abribus est d’être bien plus élégants que ceux qui habillent d’ordinaire les rues de Montpellier (Hérault). Et pourtant, ces petites stations, qui vont être testées par la métropole cet été, sont d’une redoutable ingéniosité : sans utiliser ni eau, ni électricité, elles procurent aux usagers qui attendent le bus une sensation de fraîcheur, plutôt bienvenue en ces temps de grosses chaleurs.

Créés par Lemon, le Laboratoire d’expérimentation des mobilités de la métropole, ces abribus obéissent à des techniques anciennes, avec des matériaux naturels ou durables. Baptisés Terra, ils seront déployés en juillet au Park Eurêka et sur le pont Juvénal. Pour Julie Frêche (PS), élue de la métropole aux mobilités, ces stations sont une manière d'« adapter la ville aux changements climatiques irrémédiables » qui menacent la planète. Et « d’améliorer le confort des usagers » des bus, qui ne disposent pas des mêmes conditions d’attente que ceux du tramway.

Low tech contre les hautes températures

« Ce n’est pas de la haute technologie, c’est même presque de la "low tech" [basse technologie] », note Edouard Hénault, le directeur général France de Transdev, l’un des acteurs du laboratoire Lemon. L’idée est de faire appel à des « techniques ancestrales », en se disant « comment on adapte ça à la modernité des transports publics », poursuit-il.

L’un de ces abribus du futur est ainsi composé d’un moucharabieh, une cloison ajourée, en céramique, très répandu dans l’architecture traditionnelle des pays arabes, qui offre une ventilation naturelle. De petits toits fabriqués en plastique recyclé, et un bougainvillier, complètent le dispositif, histoire d’avoir la tête à l’ombre.

Sur cet abribus, de la céramique ajourée permet une ventilation naturelle
Sur cet abribus, de la céramique ajourée permet une ventilation naturelle - N. Bonzom / Maxele Presse

« On sent un air frais ! »

Un autre, la « tour de Badguir », est inspiré de la culture persane. Sur une grande colonne en bois, de grandes plaques noires captent la chaleur, ce qui entraîne à l’intérieur un petit vent frais, qui se dégage par des aérations, au niveau du dos, de la nuque ou de la tête des voyageurs. Et c’est plutôt efficace. Dès lors que l’on s’installe dans l’un de ces abris, on a une vraie sensation de fraîcheur. « Mais oui, on sent un air frais ! », s’exclame un passant, qui teste ces stations d’un nouveau genre, présentées jusqu’au 1er juillet sur le parvis de l’hôtel de ville. Une plate-forme en ligne a d’ailleurs été ouverte, pour que tout le monde puisse donner son avis.

Sur cet abri bus, des plaques noires captent la chaleur et restituent un air frais
Sur cet abri bus, des plaques noires captent la chaleur et restituent un air frais - N. Bonzom / Maxele Presse

Car, note Christophe Tincelin, l’un des designers qui a imaginé ces abribus, « il y a encore une marge de progression » à faire sur ces prototypes. Toutes ces stations sont par ailleurs composées de modules similaires (un banc en pierre, une plante grimpante, des échelles, des tours en bois…), qu’il est possible d’assembler à loisir, comme des briquettes de construction. « L’intention, c’était de créer un système d’objets, plutôt que trois objets différents, note l’ingénieur. Des compositions, on peut en faire énormément, et s’adapter au contexte et aux besoins. » Et si les Terra étaient les abribus de demain ?

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