Sécheresse : « On ne manquera jamais d’eau potable dans l’ensemble de la métropole niçoise », rassure Christian Estrosi

FORTES CHALEURS Alors que Météo-France alerte sur les épisodes de fortes chaleurs à venir, la métropole Nice Côte d’Azur a tenu une conférence de presse pour annoncer son « grand plan sécheresse et canicule » et rassure sur « ses réserves d’eau »

Elise Martin
Une rivière victime de la sécheresse (illustration).
Une rivière victime de la sécheresse (illustration). — M. ALLILI / SIPA
  • Des épisodes de fortes chaleurs vont toucher toute la France ces prochains jours.
  • La métropole Nice Côte d’Azur a alors présenté son « grand plan de prévention » à ce sujet.
  • Depuis des années, les services de la métropole travaillent ainsi à « anticiper » ces phénomènes notamment grâce « aux réserves d’eau » et à la « végétalisation de la ville ».

« Les épisodes de fortes chaleurs s’accélèrent ces dernières années et ces phénomènes s’installent, d’où l’importance des plans de prévention car rien ne s’improvise », a lancé Richard Chemla, vice-président à la transition écologique de la métropole Nice Côte d’Azur, durant une conférence de presse sur la « sécheresse », la « canicule » et « la protection des réserves d’eau » ce mercredi.

Avant toute annonce ou présentation de ce « grand plan de prévention », le président de la métropole a voulu rassurer. « On ne manquera jamais d’eau au robinet pour les décennies à venir », a répété Christian Estrosi plusieurs fois. Pour appuyer son propos, il a alors évoqué « le travail engagé depuis douze ans » sur la « sécurisation de l’eau potable » et de ces « réserves d’eau de la Vésubie et du Var », notamment avec « un maillage du réseau ». Et pour « économiser » cette eau face à la sécheresse dans laquelle se trouve le département actuellement, la métropole met à disposition gratuitement à toutes les communes de son territoire des « kits » à installer sur son robinet qui permettent de réduire de 20 % sa consommation d’eau.

Végétaliser la ville

En plus des réserves d’eau, la métropole a mis en place depuis plusieurs années un plan de « climatisation de la ville ». « Pour atténuer au maximum les températures en ville, il faut planter et mettre de l’eau », résume Nicolas Martin, géographe cartographe qui étudie le climat urbain de Nice et également maître de conférences à l’université de Nice Sophia-Antipolis.

C’est ainsi que Christian Estrosi a exposé ce projet qui passe par « la fin des transports en commun thermiques dans la métropole en 2025 », « inciter la marche avec des espaces rafraîchissants », et « recréer un courant d’air grâce à la prolongation de la coulée verte ». Il a également annoncé de nouveau l’objectif d’avoir « un arbre par habitant » à Nice d’ici 2026.

La métropole niçoise va aussi « très prochainement » utiliser des « revêtements clairs dans tous les nouveaux projets d’aménagements de la ville pour renvoyer la lumière sans absorber la chaleur et ainsi lutter contre les îlots de chaleur ». Selon le géographe, « l’objectif est de remettre beaucoup de végétation et éviter la bétonnisation comme ça pu être fait auparavant car le sol doit communiquer avec l’atmosphère ».

Les effets sur la santé

Autre point non négligeable : les effets sur la santé. Pour Pierre Gibelin, cardiologue, spécialiste des pathologies ainsi que des problèmes vasculaires, également présent lors de cette conférence de presse, « la végétalisation, c’est ce qui marche le mieux » mais « ce ne sera pas Central Park » et « ce n’est pas assez actuellement ».

Et les impacts sur la santé sont déjà présents. Il développe : « La canicule a des conséquences directes, notamment sur les nourrissons, les femmes enceintes mais aussi les personnes handicapées, âgées et celles qui ont certaines maladies chroniques ou qui prennent certains médicaments comme des antimigraineux. Sans oublier les personnes qui sont à la rue, celles qui travaillent en extérieur. Il faut alors faire très attention ! » Les recommandations sont de « dormir dans un endroit frais la nuit » et « de s’hydrater régulièrement la journée, à raison d’1,5 L voire 2 L par jour, mais pas plus pour équilibrer le sel et l’eau dans le corps. »

Il souligne alors l’importance du « choix des arbres qui dépolluent » dans ce plan d’urbanisation car « la canicule ajoutée à pollution crée encore de nouvelles maladies ».