Toulouse : Des fruits et légumes qui poussent sur des colonnes ? Voici la première ferme aéroponique d'Occitanie

FERME URBAINE Une ferme pilote en aéroponie vient d’ouvrir ses portes sur les toits du Marché d’intérêt national (MIN) de Toulouse

Béatrice Colin
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Magalie Rosso, la fondatrice des Fermes Ionaka, et Antoine, élève de l'école d'ingénieur de Purpan, sur la ferme pilote en aéroponie au MIN de Toulouse.
Magalie Rosso, la fondatrice des Fermes Ionaka, et Antoine, élève de l'école d'ingénieur de Purpan, sur la ferme pilote en aéroponie au MIN de Toulouse. — B. Colin / 20 Minutes
  • Depuis une quinzaine de jours, une ferme urbaine a vu le jour sur les toits du Marché d’intérêt national de Toulouse.
  • Lancé par la start-up les Fermes Ionaka, ce site pilote fait pousser des légumes et des fruits sur des colonnes de 2 m de haut grâce à la technique de l’aéroponie.
  • Magalie Rosso, sa fondatrice, espère essaimer sur les toits de la Ville rose et d’Occitanie ce concept qui permet de revégétaliser les centres urbains, produire local tout en prenant peu de place.

Fraises, basilic, mais aussi tomates ou encore poivrons et melons. Depuis une quinzaine de jours, une ferme urbaine d’un nouveau genre a vu le jour sur les toits du Marché d'intérêt national de Toulouse, le Rungis local. D’ici le début du mois de juillet, la première récolte pourra avoir lieu. Mais contrairement aux zones maraîchères qui ont vu le jour ces dernières années sur les toitures des immeubles du centre-ville, aux Fermes Ionaka, pas besoin de se casser le dos pour ramasser les concombres et autres aromates.

Ici pas de bac au sol mais cinquante colonnes de 2 mètres de haut, garnies de plusieurs petits paniers où les graines poussent grâce à l’aéroponie. Comme l’hydroponie, les racines ne sont pas en pleine terre. Mais avec cette technique hors sol, elles ne sont pas plongées dans l’eau non plus. « L’eau remonte dans les colonnes, puis redescend en douche sur les racines des plants. Les gouttelettes se gorgent alors d’oxygène et amènent les nutriments », explique Magalie Rosso, la fondatrice de cette jeune pousse qui espère essaimer son concept de fermes un peu partout dans la région.

Une production locale qui prend peu de places

Après avoir passé une dizaine d’années à financer des projets dans le secteur de l’énergie et l’environnement, la jeune entrepreneuse a eu le déclic durant le confinement. « Je cultive des plants chez moi selon différentes techniques sans être agronome. Et durant cette période, j’ai donné beaucoup de légumes à des amis citadins. Je me suis dit qu’il devait y avoir un moyen facile et efficace de ramener les fruits et légumes en ville. De produire, tout en végétalisant, ce qui permet de réduire la chaleur, un des problèmes inhérents aux centres urbains », explique la jeune femme.

Une technique déjà éprouvée et qui présente de nombreux avantages. Elle prend peu de place : l’emprise au sol de chaque colonne est de 2 m2 et on peut planter jusqu’à 36 plants au m2. Elles peuvent alors produire chacune de 1 à 2 kg de légumes de saison par semaine. Dans sa ferme pilote, Magalie Rosso s’attend ainsi à récolter de 40 à 50 kg par semaine, de juillet jusqu’à fin novembre.

Une ferme qu’elle voit comme la brique d’un lieu. « J’achète les plants à des producteurs locaux, dont Growdeal installé dans des parkings du MIN. Au niveau des débouchés, je suis aussi en contact avec plusieurs restaurants du MIN qui vont m’acheter des légumes de saison », poursuit la responsable mettant le côté écolo du projet, l’empreinte carbone étant plus que limitée. D’autant, que grâce à un circuit fermé, ses 50 colonnes consomment aussi 90 % d’eau en moins que les cultures classiques et sont des îlots de fraîcheur.

Essaimer les Fermes Ionaka sur les toits

La créatrice des Fermes Ionaka réfléchit déjà à faire produire localement ces structures en plastique recyclé importées des Etats-Unis. Avec le défi de les fabriquer en matière agro-composite. En attendant, avec sa première ferme pilote elle veut prouver la fiabilité de son projet auprès d’autres structures à qui elle vendrait le concept clé en mains. Elle est déjà en discussion avec un centre de formation pour personnes en situation de handicap pour en installer sur leur site qui possède un restaurant.

Mais cela peut aussi s’adresser aux promoteurs, aux bailleurs sociaux mais aussi aux établissements scolaires. « Cela demande assez peu de travail, car il n’y a pas besoin de désherber, on n’utilise pas de produits phytosanitaires et on est dehors. On peut compléter l’activité en faisant des ateliers pédagogiques », indique Magalie Rosso qui espère faire pousser sur les toits de la Ville rose ses colonnes à fruits et légumes.