Seine-Maritime : L’orque morte dans la Seine « ne s’était pas nourrie depuis plusieurs semaines »

MISE AU POINT La préfecture de la Seine-Maritime se défend d’un « prétendu manque de réactivité » pour sauver l’orque « perdue » dans la Seine

20 Minutes avec agences
L'orque, repérée pour la première fois le 16 mai près du pont de Normandie, avait été retrouvée morte lundi matin malgré les multiples efforts pour essayer de lui venir en aide.
L'orque, repérée pour la première fois le 16 mai près du pont de Normandie, avait été retrouvée morte lundi matin malgré les multiples efforts pour essayer de lui venir en aide. — Sea Shepherd
  • Une autopsie et des prélèvements sur le corps de l’animal ont été réalisés mardi par des vétérinaires et biologistes et «il ressort des premiers résultats que l’animal était maigre, affaibli, et qu’il ne s’était pas nourri depuis plusieurs semaines».
  • En bonne santé, une orque pèse de l’ordre de quatre à cinq tonnes. L’animal ne pesait plus que 1.700 kilos, pour une longueur de cinq mètres.
  • Placée sous surveillance, l’orque avait fait l’objet samedi dernier d’une tentative de guidage (un dispositif expérimental de diffusion de stimuli sonores sous l’eau et de monitoring par drones) pour la réorienter vers la mer. En vain.

Il n’y avait rien à faire. Mais tout a été fait. C’est le sens de la communication du préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, qui s’est fendu, hier, d’un communiqué après la découverte du corps sans vie d’une orque dans la Seine, lundi.
Il y pointe certaines « déclarations publiques inconséquentes » accusant l’Etat de ne pas avoir réagi plus tôt face à la détresse du cétacé qui a erré dans le fleuve plusieurs jours.

Une autopsie et des prélèvements sur le corps de l’animal ont été réalisés mardi par des vétérinaires et biologistes et « il ressort des premiers résultats que l’animal était maigre, affaibli, et qu’il ne s’était pas nourri depuis plusieurs semaines avant de venir dans la Seine, suggérant la présence d’une pathologie préexistante », à son entrée dans le fleuve, indique la préfecture. En l’occurrence, l’animal souffrait de mucormycose, une infection due à des champignons parasites qui peut s’emboliser au niveau sanguin pour atteindre les reins, les poumons, le cœur et le cerveau.

Lors de l’autopsie, les scientifiques ont trouvé « des restes de phoques, dont des vibrisses et des griffes », détaille Paris Normandie. En bonne santé, une orque pèse de l’ordre de quatre à cinq tonnes. L’animal ne pesait plus que 1.700 kg, pour une longueur de cinq mètres, indique le quotidien régional.

Rapidement, une « intervention invasive » avait été écartée

L’orque avait été observée une première fois le 16 mai dans le milieu marin au niveau de l’estuaire à proximité du pont de Normandie, avant de s’engouffrer dans le fleuve. « Le mercredi 25 mai, sur la base de nouvelles images mettant en lumière des signes de santé dégradée », de nombreux moyens opérationnels avaient été mis en place, insiste le préfet. Et « un groupe de travail a été monté, réunissant des experts universitaires, et des spécialistes du milieu associatif ou professionnel, afin de rendre un avis scientifique et éclairer les mesures à prendre », met-il en avant.

Rapidement, une « intervention invasive » (accompagnement de l’animal par capture, filet, tractage ou poussée de l’animal) avait été écartée, « susceptible de créer davantage de dommages à cette orque déjà affaiblie ».

Le squelette sera confié au Muséum national d’histoire naturelle de Paris

Placée sous surveillance, l’orque avait fait l’objet samedi dernier d’une tentative de guidage (un dispositif expérimental de diffusion de stimuli sonores sous l’eau et de monitoring par drones) pour la réorienter vers la mer. En vain. L’état de santé de l’animal était devenu « critique » et il n’avait pas réagi « normalement ».

Les experts et les autorités avaient fini par retenir l’euthanasie comme seule solution envisageable. Ils n’ont pas eu à y recourir, l’orque ayant trouvé la mort avant.
Son squelette sera confié au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Les résultats complets de l’autopsie seront rendus publics après analyse des laboratoires. Des prélèvements ont été envoyés en Bretagne, à Montpellier et en Belgique pour être étudiés et espérer en savoir plus.