Le « plan climat » de TotalEnergies dénoncé par des ONG et des actionnaires minoritaires

ENVIRONNEMENT Ce mercredi, se tient l’assemblée générale de TotalEnergies à Paris. Des ONG environnementales se sont invités et en ont bloqué l'accès

20 Minutes avec l'AFP
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Manifestants à l'AG de TotalEnergies
Manifestants à l'AG de TotalEnergies — Bertrand GUAY / AFP

Le « faux » plan climat de TotalEnergies et sa présence en Russie ont amené des ONG à bloquer l’accès de l’assemblée générale du géant énergétique, ce mercredi à Paris. Devant la salle Pleyel, des manifestants ont crié fumigènes en main « Totalement irresponsables » ou « on est là, même si Total ne veut pas nous, on est là », ont constaté des journalistes de l’AFP. Des militants soutenus par des actionnaires minoritaires désirant influencer le plan climatique du géant pétrolier.

Les ONG réclament « des engagements concrets et immédiats » de la part de TotalEnergies […] et la fin de tout nouveau projet d’énergies fossiles. « Il faut convaincre les actionnaires de voter contre le faux plan climat de TotalEnergies », avait indiqué en amont de l’action Eva Sadoun, coprésidente du mouvement Impact France. Cette vague de contestation ne touche pas seulement TotalEnergies. Ce sont tous les groupes pétroliers européens qui sont visés. Hier, l’assemblée générale de Shell (condamnée l’an dernier à réduire ses émissions de carbone) a été interrompue par l’action de manifestants.

Des actionnaires en colère

Les mouvements de contestation ne sont pas seulement externes à la société, mais aussi internes. Ceux qu’on appelle les « petits porteurs », ou les actionnaires minoritaires, sont déterminés à faire pencher la balance du côté d’un plan climat crédible. Un collectif d’actionnaires de TotalEnergies, représentant 0,78 % du capital, avait déposé une résolution demandant au groupe de se conformer à l’accord de Paris sur le climat, résolution qui ne sera finalement pas inscrite à l’ordre du jour, le conseil d’administration l’ayant rejetée.

Parmi ces actionnaires, Edmond de Rothschild ou La Financière de l’Echiquier, pas spécialement connus pour leur activisme actionnarial, ont décidé de voter contre le « faux » plan climat dénoncé par les activistes, qui prévoit notamment d’augmenter le forage d’hydrocarbures sur 2019-2030. Les assurances Crédit Mutuel ont rejoint cette coalition, regrettant que « les excédents découlant des prix actuels élevés des hydrocarbures ne soient pas affectés prioritairement à des investissements additionnels dans le renouvelable. »

Des promesses peu convaincantes

TotalEnergies dit viser à terme, comme de nombreuses entreprises, la neutralité carbone au milieu du siècle, et s’est engagée, parmi d’autres objectifs, à réduire de plus de 30 %, par rapport à 2015, les émissions dégagées par les produits pétroliers qu’elle vend. Et elle investit dans les renouvelables. Pourtant, la major ne cesse de dire qu’elle veut continuer à répondre à la demande en gaz et en pétrole tant qu’il y en a, et qu’elle continuera à ce titre à développer de nouveaux gisements.

Dans ce contexte, il est probable que la résolution relative au plan climat – très largement adoptée l’année dernière avec 92 % des voix – soit à nouveau facilement approuvée, d’autant que les grands actionnaires, les fonds d’investissement BlackRock ou Vanguard ainsi que les assurances Axa ou la BNPParibas, n’ont pas communiqué leur vote en amont.