Bordeaux : Le maire Pierre Hurmic défend un projet d’ombrière photovoltaïque au-dessus de la rocade

AMENAGEMENT Le maire Pierre Hurmic, qui veut faire de Bordeaux une ville pionnière en matière d'énergie solaire, a été sollicité pour un projet d’ombrière photovoltaïque sur la rocade bordelaise

Mickaël Bosredon
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Image de synthèse d'un projet d'ombrières photovoltaïques au-dessus de la rocade de Bordeaux
Image de synthèse d'un projet d'ombrières photovoltaïques au-dessus de la rocade de Bordeaux — Ville de Bordeaux
  • Cette ombrière serait installée au-dessus des 45 km de la rocade de Bordeaux, ce qui représenterait une surface totale de 200 ha.
  • Elle pourrait ainsi produire de l’électricité pour environ 40.000 foyers tout électrique.
  • Si le maire de Bordeaux pousse pour la réalisation de ce projet, ce sera toutefois à l’Etat, en charge de la rocade, de trancher.

Ce serait la première rocade de France recouverte d’une ombrière photovoltaïque. Une étude a été lancée pour équiper les 45 km de la rocade bordelaise d’une ombrière géante composée de capteurs photovoltaïques. Ce projet porté par un architecte-urbaniste de la région parisienne, est sur le bureau du ministère de la Transition écologique, révèle le maire de Bordeaux Pierre Hurmic (EELV) qui a été sollicité il y a quelques mois, et qui dit le défendre ardemment.

« J’ai été saisi de ce projet lorsque la ville de Bordeaux a reçu un prix de la part duGeste d'Or [association représentant les métiers du bâtiment], dans le cadre de différentes réalisations urbaines de réseaux de chaleur, explique Pierre Hurmic à 20 Minutes ce vendredi. Cette association m’a alors parlé de cet architecte-urbaniste qui réfléchissait à la couverture de la rocade bordelaise. J’ai regardé le projet qui m’a paru tout de suite très intéressant, car je suis à l’affût des moindres espaces pour promouvoir l'énergie solaire sur notre territoire, et on n’en a pas tant que ça en ville. »

Une structure également équipée de capteurs de CO2 et de particules

Le projet porterait sur une surface totale de 200 ha, « et permettrait une production alimentant 40.000 foyers s’ils sont en tout électrique (chauffage, eau chaude…) ou 80.000 foyers s’ils sont à moitié en électrique » précise Pierre Hurmic.

Projet d'ombrières photovoltaïques au-dessus de la rocade de Bordeaux
Projet d'ombrières photovoltaïques au-dessus de la rocade de Bordeaux - Ville de Bordeaux

Une première étude, assez sommaire, a été remise au maire de Bordeaux. On peut y lire que cette ombrière serait aussi complétée par des capteurs de CO2 et de particules, gaz qui seraient eux-mêmes transformés en énergie domestique. La structure serait aussi équipée de « pièges à sons » capables de réduire de 38 dB le bruit de la circulation. Enfin, les panneaux seraient agrémentés de récupérateurs d’eau de pluie, celle-ci étant stockée dans des bassins de rétention pour les périodes sèches.

« J’aimerais que Bordeaux soit une ville pionnière en matière d’énergie solaire »

« J’en ai parlé au Premier ministre Jean Castex que j’ai eu au téléphone début avril, poursuit Pierre Hurmic. C’est un projet qui est du ressort de l’Etat, puisqu’il est propriétaire de la rocade, mais je veux l’appuyer et je crois en sa faisabilité. » Le maire de Bordeaux espère qu’il pourra se réaliser « au plus vite » même s’il pense qu’il ne pourra pas se faire d’un coup. « La rocade traverse plusieurs communes, mais on peut commencer par celles où les maires sont les plus volontaires, dont je fais partie. »

Financièrement le projet n’a pas été chiffré, mais il pourrait être porté par un partenaire privé, à l’instar de la centrale photovoltaïque de Labarde, inaugurée jeudi à Bordeaux. Installée sur une ancienne décharge, c’est à ce jour la plus grande centrale en milieu urbain d’Europe. « J’aimerais que Bordeaux soit une ville pionnière en matière d’énergie solaire, et après la centrale de Labarde, il faut poursuivre les projets pour aller vers l’indépendance énergétique. »

Objectif : 60.000 m2 de toitures solaires

D’autant plus que les espaces sont rares, et que Pierre Hurmic est moins enthousiaste quand il s’agit d’installer des centrales sur des espaces naturels, comme le projet Horizeo à Saucats, au sud de Bordeaux. « Les métropoles se servent beaucoup de leurs territoires proches pour satisfaire leurs besoins, regrette-t-il. Il faut qu’elles se donnent les moyens d’accueillir dans leur périmètre les infrastructures destinées à leur indépendance énergétique, et ce projet va dans ce sens-là. »

La ville de Bordeaux mène de son côté plusieurs autres projets. « Nous étudions toutes les possibilités, et je veux que d’ici à la fin de mon mandat, 60.000 m2 de toitures de bâtiments municipaux soient équipés de panneaux solaires. Il y aura notamment la base sous-marine, des écoles… Tous les futurs bâtiments seront équipés en solaire, démarche qui est facilitée avec l’évolution des matériaux, je pense notamment aux tuiles solaires. Mais on sait que ce ne sera pas suffisant pour arriver à la neutralité carbone vers laquelle on s’est engagée. » La rocade représente en ce sens « une belle opportunité » que le maire de Bordeaux ne veut pas laisser filer.