Toulouse : Ecomode, l'appli qui remercie (et récompense) ceux qui font du bien à la planète

ROUL'AU VERT L’application Ecomode, testée notamment par les salariés d’Airbus Toulouse, permet de proposer des trajets alternatifs à la voiture « bas carbone » et de cumuler des points donnant accès à des réductions ou bon d’achats

Béatrice Colin
— 
L'application Ecomode est expérimentée sur la métropole toulousaine.
L'application Ecomode est expérimentée sur la métropole toulousaine. — B. C. / 20 Minutes
  • Pour réduire les trajets solos en voiture très polluants, Ecomode, une application proposant les modes de déplacements alternatifs et leur impact sur les émissions de CO2 vient d’être lancée à Toulouse.
  • Elle mesure le CO2 évité, permet de cumuler des points qui donnent accès à des récompenses, de type bon de réductions ou d’achat dans des magasins partenaires.
  • Après avoir été testée par les salariés toulousains d’Airbus et Sopra Steria, l’application Ecomode vient d’être déployée sur les 37 communes de la métropole toulousaine.

A Toulouse, un simple trajet en voiture entre la place Esquirol et le site Airbus à Blagnac se fait en une quinzaine de minutes si la circulation est vraiment fluide, mais souvent il faut le double en raison des bouchons. Seul dans sa voiture, un automobiliste va générer 1.145 grammes d’émission de CO2, quand un cycliste mettra environ 25 minutes sans avoir produit la moindre pollution. Si les habitants de la Ville rose sont de plus en plus nombreux à utiliser un deux-roues, une majorité d’entre eux continue à pourtant à préférer le confort de leur auto, mêmes pour très peu de kilomètres. Un constat que les responsables de la plateforme aéroportuaire ont pu faire puisque 71 % de leurs salariés sont encore des autosolistes.



Après avoir développé le covoiturage ou plébiscité l’utilisation du vélo, ceux d’Airbus ont ainsi décidé de passer à la vitesse supérieure en mettant en place Ecomode, en partenariat avec Toulouse Métropole ou Tisséo. Cette application gratuite récompense les salariés qui privilégient les déplacements « bas carbone ». Entre novembre et mai, plus de 1.600 employés du groupe européen l’ont téléchargée et utilisée pour calculer l’empreinte carbone de leurs déplacements et gagner des points. Des points, qui cumulés, se sont transformés en des bons de réduction ou d’achat dans des dizaines d’enseignes partenaires, que ce soit des magasins de sport ou de cinéma. Lors de challenges entre les différents volontaires de la même entreprise, certains peuvent aussi gagner des lots comme ce vélo électrique remporté par l’un des salariés les plus « greens » d’Airbus Defence & Space Toulouse.

Près de 19,2 tonnes de CO2 évitées

Mais en laissant leur voiture au garage, qu’ils soient des jeunes convertis au « bas carbone » ou des adeptes de longue date, ils ont surtout évité de produire 19,2 tonnes de CO2. Suite aux résultats de cette première phase d’expérimentation, aussi menée par des salariés de Sopra Steria au cours des six derniers mois, Ecomode vient d’être étendue à l’ensemble des habitants de la métropole toulousaine.

« Il faut que nous soyons dans un changement de paradigme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et le trafic routier. Sur chaque trajet, sur une demi-heure, on rajoute vingt minutes. C’est de la pollution en plus et un manque à gagner de 11 jours ouvrés par salarié chaque année coincé dans les bouchons », rappelle Bruno Costes, le directeur Environnement et Affaires publiques d’Airbus qui envisage de réduire d’ici à 2030 de 63 % ses émissions.

Si un transfert des salariés des sites toulousains de l’avionneur se faisait sur les modes doux, cela permettrait de fluidifier aussi le trafic routier aux abords de la plateforme aéroportuaire, à l’origine des deux tiers de la pollution de l’air dans le secteur. A l’échelle des 37 communes de la métropole, ce projet visé à économiser d’ici la fin 2023, près de 2.600 tonnes de CO2.

Exporter Ecomode

A la fin de l’année, les responsables d’Ecomode espèrent avoir 15.000 utilisateurs. Et convaincre de nouvelles entreprises de se lancer. « Car il ne faut pas oublier que 60 % des déplacements le sont dans le cadre des trajets domicile-travail, les employeurs ont donc un rôle à jouer. Au-delà des récompenses, certains salariés trouvent aussi un intérêt dans l’application en pouvant mesurer les économies d’émissions qu’ils font au quotidien », assure Geoffrey Labaume, responsable du projet mobilité bas carbone chez Airbus.

A terme, tous espèrent que cette application incitative sortira du périmètre toulousain pour être adopté un peu partout en France, mais aussi pourquoi pas sur les sites d’Airbus ailleurs en Europe.