Canada : Très rare apparition d’un ours polaire dans un petit village du Québec

ESPECE VULNERABLE Selon Lyne Morissette, biologiste et chercheuse en écologie marine, avec les dérèglements climatiques l’ours polaire repousse de plus en plus vers le sud sa zone de distribution

20 Minutes avec AFP
Un ours polaire (illustration).
Un ours polaire (illustration). — Solent News/SIPA

C’est une visite particulièrement inhabituelle. Un ours polaire a été aperçu samedi dans une région du Québec située au sud du fleuve Saint-Laurent, ce qui a mené les agents de la faune et les policiers à alerter les résidents de Madeleine-Centre.

Symbole du réchauffement climatique, l’animal à la fourrure blanche a été aperçu en matinée dans ce petit village en Gaspésie, selon des témoins. Il se trouvait toujours en liberté dans l’après-midi et des agents chargés de la gestion et de la protection des espèces sauvages cherchaient à le localiser.

« Il y a un ours ! Il y a un ours ! »

« Le chien jappait et j’ai entendu mon conjoint crier "Il y a un ours ! Il y a un ours !" », a raconté Sophie Bonneville, qui réside quelques mois par an dans ce village d’environ 2.000 habitants, situé à plus de 800 km au nord-est de Montréal et actuellement sous la neige. La Sûreté du Québec (SQ, police provinciale) a par la suite mis en garde les habitants sur Twitter : « Un ours polaire a été vu dans le secteur de Madeleine-Centre. Les policiers sécurisent les lieux. (…) Nous demandons aux résidents de rester à l’abri et de ne pas s’aventurer à l’extérieur ».

Étonnée par la présence du prédateur de l’Arctique dans sa cour, la témoin a indiqué que « personne n’a jamais vu ça, même les agents de la faune ni la police. Les gens pensaient que c’était une blague ». « C’est très inhabituel de voir une espèce aussi nordique se retrouver aussi loin de sa limite sud de distribution », a pour sa part réagi la biologiste et chercheuse en écologie marine Lyne Morissette, précisant que « les dérèglements climatiques actuels y sont pour quelque chose ».

Une espèce menacée par la fonte de la banquise

La police assurait samedi la sécurité de la région, où de nombreux piétons ont l’habitude de faire des promenades. « On a fait du porte-à-porte pour aviser les résidents du secteur de demeurer à l’intérieur », a expliqué Stéphane Tremblay, porte-parole de la SQ, disant lui aussi « n’avoir jamais vu » une pareille situation.

Au Canada, l’ours blanc – le plus gros carnivore terrestre de la planète – est une espèce dont le statut est « préoccupant ». Une étude de 2020 publiée dans Nature Climate Change révélait que le réchauffement climatique pourrait signer la quasi-extinction de cet animal emblématique puisque la banquise, son habitat, disparaît progressivement.