Climat : Un reptile sur cinq est menacé d’extinction, selon une nouvelle étude

ANIMAUX 30 % des reptiles vivant dans les forêts sont menacés, ainsi que 14 % de ceux vivant dans les zones arides

20 Minutes avec agences
— 
Un serpent. Illustration.
Un serpent. Illustration. — Foto-Rabe

Un reptile sur cinq dans le monde est menacé d’extinction, selon une étude publiée ce mercredi dans la revue Nature. Les travaux ont porté sur plus de 10.000 espèces existantes de tortues, crocodiles, lézards ou serpents.

Les efforts de protection visant d’autres animaux bénéficient aux reptiles, qui « méritent la même attention », selon Bruce Young, zoologiste en chef pour l’ONG NatureServe et coauteur de l’étude. « Ce sont des créatures fascinantes qui jouent un rôle indispensable dans les écosystèmes de la planète », insiste son collègue Sean O’Brien, président de NatureServe.

Les reptiles des forêts très menacés

L’étude a été réalisée sur plus de 15 ans et a été signée par une cinquantaine d’auteurs, épaulés par des scientifiques de six continents. Les espèces menacées y sont classées en trois catégories : « vulnérable », « en danger » ou « en danger critique », selon la classification de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Selon l’étude, les reptiles sont proportionnellement moins menacés que les mammifères ou les amphibiens mais davantage que les oiseaux. Certaines régions sont plus exposées : le sud-est de l’Asie, l’Afrique de l’Ouest, le nord de Madagascar, le nord des Andes, les Caraïbes. Les reptiles vivant dans les forêts sont plus menacés (30 % d’entre eux) que ceux vivant en milieu aride (14 %).

Des mesures « urgentes et ciblées » nécessaires

La perte d’habitat reste la principale menace. Les tortues et les crocodiles sont particulièrement concernés, victimes de surexploitation et de persécution, de chasse pour leur viande, pour les domestiquer ou pour leurs prétendues vertus médicinales. Le cobra royal, désormais classé comme vulnérable, est lui pénalisé par la disparition de la forêt dans laquelle il vit.

Le changement climatique pourrait directement menacer « 10 ou 11 % des reptiles » selon l’étude, un chiffre probablement sous-estimé. Des mesures « urgentes et ciblées » sont nécessaires pour protéger les reptiles, plaident les auteurs de l’étude, surtout « les lézards endémiques à des îles menacés par l’introduction de prédateurs » et ceux « plus directement affectés par les humains ».