Vendée : Pourquoi des milliers de cadavres de volailles sont déversés dans une fosse appartenant à l’Etat

GRIPPE AVIAIRE Des quantités énormes de poulets et canards morts sont ensevelies provisoirement dans une fosse de cinq hectares située à proximité de l’autoroute A83 au sud de la Vendée

Frédéric Brenon
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L'immense site d'enfouissement (ici filmé par drone) se trouve en bordure de la 2x2 voies Luçon-Fontenay
L'immense site d'enfouissement (ici filmé par drone) se trouve en bordure de la 2x2 voies Luçon-Fontenay — L214
  • Le site dénoncé par L214 est utilisé pour déposer les cadavres de volailles abattues.
  • Le terrain appartient à l’Etat qui l’a aménagé en réponse à la crise.
  • Dans le seul département de Vendée, quelque 9 millions de volatiles ont été abattus.

C’est l’association de protection animale L214 qui a révélé l’existence du lieu, images aériennes à l’appui. Un site d’enfouissement de cadavres d’animaux, plus particulièrement des volatiles, a été aménagé sur la commune de Petosse (Vendée) en bordure de la RD249 entre Luçon et Fontenay-le-Comte, à deux pas de l’autoroute A83. Les photos et vidéos de L214 montrent de très nombreux cadavres de poulets​ déversés par un camion à benne et étalés par un engin de type pelleteuse. D’autres oiseaux d’élevage semblent recouverts de poudre blanche.

Le site, qui appartient à l’Etat, sert à contenir une partie des tonnes de volailles abattues dans le cadre du risque de contamination de la grippe aviaire. Il faut dire que près de 9 millions de poulets, canards, dindes ou oies, répartis sur 552 foyers, ont été euthanasiés depuis le début de la crise aviaire dans le seul département de Vendée. « L’ampleur de la catastrophe est telle que l’État est débordé par le volume des cadavres, et demande aux éleveurs d’improviser des fosses ou réquisitionne des lieux d’enfouissement, comme celui-ci », dénonce l’association.

Les cadavres sont déposés par camions puis recouvert de chaux.
Les cadavres sont déposés par camions puis recouvert de chaux. - L214

Carcasses et œufs recouverts de chaux et de terre

En effet, la répétition des contaminations et mesures préventives d’abattage est telle que les structures d’équarrissage, sollicitées au départ, ont été débordées. Trois centres d’enfouissement technique (ordures ménagères) ont été utilisés à leur tour mais ils n’ont pas suffi non plus. L’Etat a donc décidé de créer un site de « pré-stockage » d’environ cinq hectares sur une parcelle d’autoroute délaissée, explique la préfecture de Vendée. Les carcasses et les œufs y sont déposés, mélangés à de la chaux puis recouverts de terre.

« Le dispositif est très encadré, assure-t-on dans l’entourage du préfet. Le site répond à toutes les exigences sanitaires et environnementales. Il s’agit d’une fosse étanche avec récupération des effluents. Une zone de nettoyage est prévue pour les camions. » Les volailles stockées ont vocation à être ensuite retraitées dans un « processus normal d’équarrissage », lorsque l’activité sera moins soutenue. Et si la grippe aviaire s’estompe, la fosse, prévue pour durer 24 mois maximum, sera remise en état, précise la préfecture.

« Il faut tirer des leçons de cette crise sans précédent. La sortie du modèle de l’élevage intensif et la diminution du nombre d’animaux d’élevage sont cruciales », insiste L214. A l’échelle française, plus de 15 millions de volailles auraient été tuées en six mois environ en raison de la grippe aviaire.