Marseille : C'est quoi ce projet de centrale solaire citoyenne à la Friche la Belle de Mai ?

ENERGIE RENOUVELABLE Portée par l’entreprise citoyenne Massilia Sun System, la centrale solaire sur le toit de la Cartonnerie à la Friche la Belle de Mai va produire l’équivalent de la consommation annuelle de 120 familles à Marseille

Caroline Delabroy
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Le toit-terrasse de la Friche de la Belle de Mai à Marseille
Le toit-terrasse de la Friche de la Belle de Mai à Marseille — AVENTURIER PATRICK/SIPA
  • Fondée en 2019 par un collectif pour produire de l’énergie photovoltaïque à Marseille et ses environs, l’entreprise citoyenne Massilia Sun System passe à la vitesse supérieure, après deux premiers projets tests.
  • Une nouvelle levée de fonds est en cours auprès des citoyens pour installer, à la fin de l’été, 800 panneaux photovoltaïques sur le toit de la Friche la Belle de Mai.

Avec ce projet de centrale solaire à la Friche la Belle de Mai, à deux pas de la gare Saint-Charles à Marseille, l'entreprise citoyenne Massilia Sun System change d’échelle. Cette fois, c’est l’équivalent de la consommation annuelle en électricité de 120 familles qui va être produite (environ 350 MWh par an), soit dix fois plus que l’installation à l’Estaque sur le toit de la résidence d’artistes La Déviation. C’était en 2019 et le collectif lançait alors sa première levée de fonds. « C’est possible et ça marche », sourit aujourd’hui Timothée Demont, l’un des fondateurs de Massilia Sun System, passée en quelques années de 20 à 180 sociétaires, la plupart habitants de Marseille et des communes alentour.

Le toit choisi pour accueillir les 800 panneaux photovoltaïques est celui de la Cartonnerie. C’est le plus grand espace couvert de la Friche, dédié aux grands événements, qui du temps de la manufacture de la Seita servait au conditionnement du tabac. « La proposition de Massilia Sun System va dans le sens de notre stratégie pour réduire notre empreinte énergétique, énonce Alban Corbier-Labasse, le directeur de la Friche. Nous voulons nous poser comme un laboratoire où l’on expérimente et une vitrine où l’on montre les réalisations possibles, pour que cela serve de plaidoyer. »

Installation à la fin de l'été

« La Friche est un lieu emblématique de Marseille, qui réunit des publics différents et permet de toucher un grand nombre de personnes », poursuit Timothée Demont, qui imagine déjà des visites pédagogiques sur l’énergie solaire. Les 800 panneaux photovoltaïques doivent prendre place sur un toit refait à neuf à la fin de l’été 2022. Le temps de boucler le montage financier, avec le nouvel appel de fonds en cours.

L’objectif est de collecter d’ici le 20 mai prochain 100.000 euros, que viendra compléter l’emprunt bancaire. Il ne s’agit pas d’un crowdfunding, mais bel et bien d’une épargne citoyenne. Toute personne qui soutient le projet souscrit une part sociale. Elle devient alors copropriétaire de l’installation solaire via la « société solidaire d’utilité sociale » Massilia Sun System.

Des modèles adaptés à chaque site

La production d’électricité ne sera pas utilisée par la Friche la Belle de Mai pour sa propre consommation, mais vendue sur le réseau électrique public. « On essaie de trouver des modèles adaptés à chaque site », explique Timothée Demont. En parallèle de la Friche, le collectif mène ainsi un projet d’installation de centrale sur le toit d’un Ehpad associatif près d’Aix-en-Provence. Là, l’électricité produite alimentera le bâtiment, dont les besoins en énergie se font surtout en journée, contrairement à la Friche.

« A chaque fois, on essaie de trouver un partenariat gagnant-gagnant », relève Timothée Demont. Avec les loyers d’avance versés à La Friche, pour la « location » du toit, celle-ci a pu le refaire à neuf et mieux l’isoler. Quant à l’Ehpad, injecter l’autoconsommation de l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques lui permet de réduire sa facture électrique. Massilia Sun System, qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, voit l’avenir radieux, avec de nouvelles centrales solaires en ville.