Biodiversité : La destruction de la nature menace la stabilité économique, selon un rapport

FINANCES « Peut-être que les investissements actuels des entreprises et des institutions financières ne sont pas conformes à un écosystème en bonne santé », note un chercheur

20 Minutes avec agences
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Déforestation en Amazonie, au Brésil (illustration).
Déforestation en Amazonie, au Brésil (illustration). — Leo Correa/AP/SIPA

Les banques centrales sous-estiment la menace économique que représente la perte de la biodiversité et de ses richesses, dont dépendent entreprises et institutions financières. C’est la conclusion d’un rapport rendu public ce jeudi.

Les impacts du changement climatique sont de plus en plus intégrés dans l’évaluation des risques économiques. C’est beaucoup moins le cas pour des menaces similaires issues de la destruction de la nature, selon ce rapport élaboré par des chercheurs et le réseau de banques centrales NGFS (Network of Central Banks and Supervisors for Greening the Financial System).

Les systèmes financiers dépendent de la nature

« La biodiversité est la base de la vie sur notre planète », résume Ravi Menon, président du NGFS. « Mais nous érodons la biodiversité à un rythme qui nuit aux écosystèmes qui nous fournissent nourriture, eau et air pur. Ce qui pourrait causer des risques importants pour la stabilité économique, financière et sociale. »

Le texte souligne l’impact du système financier sur la nature via les choix de prêts, d’ investissements et d’assurance. Il note aussi la dépendance de ces systèmes envers des écosystèmes fonctionnels et en bonne santé. Par exemple, les rendements agricoles sont menacés par la réduction des populations de pollinisateurs victimes des pesticides ou de la réduction de leurs habitats.

« L’inaction aussi est un choix »

La banque inter-américaine de développement estime de son côté que les politiques visant à protéger l’Amazonie et l’empêcher d’atteindre le point de basculement pourraient générer environ 340 milliards de richesses supplémentaires. Le rapport souligne que faire la transition vers une économie mondiale protectrice de la nature est un défi.

« Les politiques des gouvernements ne sont pas forcément dans l’erreur, » note Nick Robins, qui a codirigé ce rapport. « C’est juste peut-être que les investissements actuels des entreprises et des institutions financières ne sont pas conformes à un écosystème en bonne santé. »

Certains pays ont commencé à prendre des mesures, note l’étude. Elle appelle tout de même les banques centrales à élaborer une approche coordonnée pour répondre à la crise mondiale de la biodiversité. « L’inaction aussi est un choix », souligne Nick Robins, insistant sur le fait que les menaces sur la nature devraient être intégrées dans l’évaluation des risques des banques centrales.