« Il faut écouter notre vieille mer », lance Frédéric Fougea, le réalisateur de la série « Méditerranée »

ECOSYSTEME Le documentaire « Méditerranée, l’odyssée pour la vie », de Frédéric Fougea avec Guillaume Néry, est projeté en avant-première ce mercredi à Nice

Elise Martin
— 
Guillaume Néry à la découverte des phoques moines en Grèce
Guillaume Néry à la découverte des phoques moines en Grèce — Xtof36Bore?ales
  • Après quatre ans de travail, des tournages dans près de quinze pays, Frédéric Fougea va diffuser son film documentaire pour la première fois à Nice ce mercredi.
  • « Méditerranée, l’odyssée pour la vie » raconte à travers chaque étape de la vie, une histoire d’un être vivant et comment les animaux s’adaptent aux activités humaines.
  • Guillaume Néry, l’apnéiste niçois, a un rôle particulier dans le film documentaire, dans lequel le spectateur doit s’attendre « à de sacrées surprises », assure le réalisateur.

C’est l’histoire d’une tortue de 25 ans qui a pour objectif de retrouver les plages de ses jeunes années, mais aussi celle d’un papa hippocampe qui va accoucher ou celle d’un jeune phoque moine, dont l’espèce a failli disparaître, et qui se retrouve loin des siens en Grèce.

Tous ces récits s’appuient sur des faits réels, de vraies images, des expertises de 50 scientifiques et se retrouvent dans « Méditerranée​, l’odyssée pour la vie » de Frédéric Fougea. Cette série documentaire, dont une partie sera projetée en avant-première à Nice ​ce mercredi, « raconte comment les animaux de cette mer s’adaptent aux activités humaines », explique le réalisateur à 20 Minutes.

L'affiche du documentaire de Frédéric Fougea
L'affiche du documentaire de Frédéric Fougea - Boreales

Depuis dix ans, il s’intéresse à la nature et aux animaux. « Après avoir voyagé dans le monde entier, je me suis recentré sur la France, les Alpes et c’est naturellement que j’ai glissé vers la Méditerranée où le bateau m’attendait », sourit-il. Après quatre ans de travail, ce projet « ambitieux », à l’origine en six épisodes de 52 minutes mais recoupé en un 90 minutes pour la projection, dévoile « la beauté de la résilience de la vie marine », à chaque étape de la vie.

« On a eu beaucoup de chance car on a débuté le tournage en plein confinement. On a pu aller partout dans cette mer [plus de quinze pays au total] sans qu’il y ait un bateau ! C’est comme si on travaillait avec une Méditerranée du XVIIIe siècle. Les animaux étaient alors plus faciles à approcher et on a assisté à des scènes magnifiques. »

Pendant le tournage du documentaire de Frédéric Fougea sur la Méditerranée
Pendant le tournage du documentaire de Frédéric Fougea sur la Méditerranée - Se?bastienPersonnicAndromedeOce?anologieWWFFrance

L’apnéiste niçois Guillaume Néry dans le rôle de « passeur »

Parmi elles, la découverte des phoques moines, « qui se sont réfugiés sous des grottes sous-marines pour survivre aux pêcheurs qui les chassaient au XIXe siècle ». C’est Guillaume Néry, l’apnéiste niçois, qui sert « de passeur ». « Il a pu plonger sans faire de bulles, aller à leur rencontre sans les déranger et permettre au spectateur de voir des mondes sensibles, encore jamais vus de cette manière », s’exprime le réalisateur, « impatient » de voir l’effet produit sur le public.

Pour l’apnéiste, « c’était passionnant à plusieurs titres » de participer « à cette aventure ». Il confie à 20 Minutes : « J’avais l’impression d’être dans la peau d’un explorateur et de transformer mon savoir-faire et mes compétences de sportif pour la découverte. C’était un immense défi technique pour l’équipe du film. Et même pour la discipline de l’apnée, ça montre qu’on peut vivre des expéditions de cette manière, je suis fier d’être un ambassadeur. Finalement, le message passe dans l’image. »

Les épisodes à retrouver sur France 2 dès le 12 avril

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la première projection se fait sur la Côte d’Azur. « La première scène est à Nice. Et puis, ce sera très intéressant de montrer à des Méditerranéens leur mer d’une façon inhabituelle. Ils vont être sacrément surpris quand ils se rendront compte de ce qu’il se passe sous l’eau à dix minutes de leur ville, assure Frédéric Fougea. Ils vont prendre conscience au sens large de ce milieu fragile et de la nécessité d’y faire attention. » Il conclut : « Il y a un proverbe qui dit qu’il faut écouter notre vieille mer, je pense qu’il est temps de le faire. »

Les six épisodes du documentaire, racontés par la Toulonnaise et artiste Camélia Jordana, seront ensuite diffusés sur France 2, sur deux soirées à partir du mardi 12 avril.