Pourquoi les poissons de l’Antarctique grandissent deux fois moins que les autres ?

ANIMAUX Ces poissons ont dû s’adapter pour survivre dans des conditions extrêmes, perdant leur capacité à se développer comme leurs cousins des eaux chaudes

avec agence
— 
Un banc de poissons.
Un banc de poissons. — Pixabay

Les poissons qui vivent dans les eaux froides de l’ océan austral sont plus petits que leurs homologues vivant dans les eaux plus chaudes. Pourquoi ? Des scientifiques de l’université de Plymouth et de la British Antarctic Survey livrent une explication dans leur étude publiée mardi et relayée par le Huffington Post.

L’Antarctique abrite environ 20.000 espèces. Dans le cadre de leur étude, les chercheurs se sont concentrés sur deux poissons typiques des eaux froides : le poisson-taureau à épines de l’Antarctique (Harpagifer antarcticus) et le shanny (Lipophyrs pholis), également appelé blenny commun. Ils se sont ainsi aperçu qu’au cours de leur vie, ces deux poissons s’étaient adaptés aux températures extrêmes de l’eau en limitant la production de protéines.



Des poissons moins gourmands

Selon les scientifiques, ces poissons ingurgitent 20 % de nourriture en moins que leurs cousins des eaux chaudes. Leur production de protéines est également moins efficace, alors que leurs organismes les dégradent autant que les autres poissons. Résultat : leur croissance est considérablement diminuée. Les poissons de l’Antarctique grandissent deux fois moins vite que leurs homologues des eaux tempérées, expliquent les chercheurs. Et même s’ils se retrouvaient dans un environnement plus tempéré, leur croissance ne serait pas modifiée. Ils se sont tout simplement adaptés à ce milieu.

Conséquence de cette adaptation, les espèces vivant dans les eaux glaciales ne supporteraient pas une élévation trop importante de la température. « Les poissons de l’Antarctique sont soumis à de fortes contraintes thermiques et ne peuvent pas vivre à long terme à des températures bien supérieures à celles qu’ils connaissent actuellement », affirme Keiron Fraser, auteur principal de l’étude. Autre problème que ces espèces pourraient rencontrer en cas d’évolution de la température de l’eau : des prédateurs des eaux tempérés pourraient venir les chasser. Plus petits qu’eux, ils deviendraient des proies faciles.