Gazelle Tech lance une voiture électrique ultra-légère « dont le châssis s’assemble sans outils et en une heure »

LOW TECH Gazelle Tech a terminé un prototype de voiture électrique allégée qui a fait ses preuves. La start-up attend des contrats de production pour lancer la procédure d’homologation qui permettra la commercialisation

Elsa Provenzano
Gaël Lavaud, docteur-ingénieur de l'Ecole Centrale Lyon, travaille depuis huit ans sur la voiture Gazelle Tech.
Gaël Lavaud, docteur-ingénieur de l'Ecole Centrale Lyon, travaille depuis huit ans sur la voiture Gazelle Tech. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • La start-up girondine Gazelle Tech a développé un véhicule électrique léger en matériaux composites, dont l’assemblage est simplifié.
  • Avec une autonomie de 180 kilomètres, la voiture, destinée aux périurbains, pourra atteindre une vitesse maximale de 110 km/h.
  • S’ils sont homologués en 2022, les premiers véhicules Gazelle Tech pourraient rouler sur les routes dès 2024.

La voiture du futur dort-elle dans un hangar de la banlieue bordelaise ? C’est dans un container installé dans les murs de l’incubateur Technowest à Blanquefort, près de Bordeaux, qu’a été assemblé le dernier prototype de véhicule électrique et peu gourmand en énergie, développé par Gazelle Tech. Au lieu des jaguars et lions qui peuplent l’imaginaire lié à l’automobile, la start-up a choisi « une figure féminine en rupture avec ces valeurs-là qui mettait en avant la légèreté et l’agilité », pointe Gaël Lavaud, fondateur et dirigeant de Gazelle Tech.

Docteur ingénieur formé à l’école centrale de Lyon, il planche sur ce projet depuis huit ans avec son équipe. « On nous classe de plus en plus dans la catégorie low-tech parce qu’on a fait des choix de bon sens [facilité pour la maintenance et assemblage simple par exemple] et qu’on était soumis à des contraintes budgétaires importantes. » Le premier prototype a été créé en 2015 et le dernier vient d’être soumis à tous les tests de sécurité en interne. S’ils sont homologués en 2022, les premiers véhicules Gazelle Tech pourraient rouler sur les routes dès 2024.

Une différence de poids

« L’idée de base pour viser l’efficacité énergétique c’est d’alléger le véhicule car les trois quarts de la consommation d’un véhicule, c’est son poids, en zone urbaine et périurbaine », fait valoir Gaël Lavaud. Le modèle électrique de Gazelle Tech pèse actuellement 900 kg et la start-up travaille déjà à lui faire encore perdre une centaine de kilos, quand une Clio essence pèse 1,3 tonne et une Zoé électrique 1,6 tonne.

Gazelle Tech envisage de proposer plusieurs types de motorisations mais la première qui sera homologuée sera 100 % électriques. « L’allégement et l’assemblage local sont possibles grâce à une technologie de châssis [structure complète du véhicule] entièrement en matériaux composites qu’on a développée et brevetée et qui nous permet d’alléger le véhicule tout en conservant le confort et la sécurité », précise le dirigeant.

Le véhicule a été allégé mais pas la sécurité, martèle celui qui a passé dix ans à améliorer les crash-tests chez Renault « Cela n’a pas été simple, reconnaît-il, mais maintenant qu’on absorbe cinq fois plus d’énergie en crash que l’acier par kilo, on a une sécurité au top, avec des coûts qui restent raisonnables. »

Un assemblage façon Lego

Contactée par des pays émergents intéressés par une production à domicile, la start-up a imaginé un modèle de micro-usines à base de containers aménagés qui représente un coût d’investissement très réduit. Simplicité et efficacité, c’est le credo de Gazelle Tech à toutes les étapes.

« Pour faire un châssis classique, il faut 200 à 300 pièces en acier embouti qui représentent de gros investissements, détaille le fondateur. Nous, on en a dix qui s’assemblent n’importe où, sans outil et en une heure. C’est une sorte de gros Lego. » Un atout supplémentaire pour expédier les véhicules en pièces détachées.

Trois projets d’implantation de ces micro-usines se dessinent en France, dont une en Gironde. « Gazelle Tech ne vend pas des voitures mais des micro-usines, des pièces détachées et de la formation », clarifie Gaël Lavaud, en discussion notamment avec différents opérateurs, dont des concessionnaires, pour la commercialisation.

Proposé à 20.000 euros

La vitesse au volant de cette voiture sera limitée à 100/110 km/h. « Pour avoir plus de puissance, il faut une plus grosse batterie, ce qui a un impact sur le prix, justifie le dirigeant. C’est un juste milieu pour proposer un véhicule adapté aux déplacements quotidiens. » Offrant une autonomie de 180 km, il sera commercialisé à 20.000 euros.

Il fait valoir qu’elle est seulement 3.000 euros plus cher que la Dacia Spring (l’électrique la moins chère du marché), qui est plus petite et entièrement fabriquée en Chine. La Zoé de Renault s’affiche, elle, au prix de 33.000 euros. Gazelle Tech affirme avoir trouvé les bons équilibres pour proposer un véhicule plus sobre, tout en répondant aux exigences des déplacements des périurbains. « Grâce à l’allégement, à la réduction de la quantité de batterie pour la même autonomie et à l’assemblage en micro-usines, l’impact global environnemental de ce véhicule, en tenant compte de sa fabrication et de son usage, sera 40 % inférieur à tous les autres véhicules électriques », fait valoir son dirigeant.

La société envisage déjà une nouvelle version de son modèle avec des panneaux solaires fixes sur le toit rendant le véhicule autonome en énergie. Il sera capable de recharger l’équivalent de 30 à 35 kilomètres par jour, sachant que le déplacement moyen des Français c’est environ 38 km par jour.

Gazelle Tech est à la recherche d’investisseurs pour sécuriser sa production, avant de passer aux homologations nécessaires à la commercialisation. Elle se heurte au manque d’appétence des financeurs français pour les projets industriels et s’est déjà tournée vers l’étranger pour concrétiser son projet qu’elle avait pour l’instant réussi à conduire uniquement dans l’Hexagone.