Nantes : La méthanisation de tous les déchets verts de la métropole pourrait faire rouler la moitié des bus

DECHETS Plus de 50.000 tonnes de biodéchets sont produits en moyenne par an dans la métropole, révèle une étude de l'Agence d'urbanisme de la région nantaise qui suggère de développer la méthanisation

Julie Urbach
Illustration d'un seau de collecte des biodéchet
Illustration d'un seau de collecte des biodéchet — CHAMUSSY / SIPA
  • A partir de janvier 2024, les collectivités auront l’obligation de proposer aux entreprises et aux particuliers des solutions pour recycler leurs déchets alimentaires.
  • La méthanisation devrait gagner du terrain dans les prochaines années, pour absorber une partie de cet immense gisement.

C’est « un énorme défi logistique » qui s’ouvre. A partir de janvier 2024, les collectivités auront l’obligation de proposer aux entreprises et aux particuliers des solutions pour recycler leurs déchets alimentaires, jusqu'alors enfouis ou incinérés pour la majorité d'entre eux. A Nantes, alors que plusieurs initiatives se lancent (et notamment celle de la municipalité, dans les quartiers nord), une étude dévoilée ce mercredi montre qu’il va falloir passer à la vitesse supérieure si l’on veut récupérer et valoriser l’ensemble de ce gisement.

« Entre les ménages, qui représentent 57 % des producteurs de déchets (avec 45 kg par an et par habitant), les restaurateurs, les écoles de la métropole, etc. cela représente a minima plus de 50.000 tonnes par an, indique Guilhem Andrieu, chef de projet énergie climat à l'Agence d'urbanisme de la région nantaise (Auran). Le compost de proximité ne suffira donc pas à tout absorber. La méthanisation est une voie complémentaire. On pourrait faire rouler un bus sur deux au gaz vert si tous les biodéchets étaient valorisés en ce sens ! »

Une vingtaine de projets de méthaniseurs dans la région

A la différence du compostage, qui génère une matière pour l'enrichissement de la terre, la méthanisation est un procédé de dégradation des déchets organiques qui permet de produire du biogaz, puis du biométhane. En Loire-Atlantique, seul un site en est pour le moment capable, le méthaniseur de Machecoul, qui reçoit notamment plus de 500 tonnes de fruits pourris, épluchures ou fleurs issus du MIN de Nantes, qui s'est lancé dans une démarche 100% recyclage. Le gaz ainsi produit est injecté dans les réseaux, mais ne représente que l’équivalent de la consommation de 25 foyers. « Les biodéchets produisent également du CO2, ensuite acheminé et utilisé dans des serres », explique-t-on chez Veolia, chargé du transport.

Dans les Pays-de-la-Loire, 270.000 tonnes de déchets alimentaires sont actuellement traités dans onze sites de méthanisation. Mais GRDF espère aller beaucoup plus loin, avec l’objectif que le gaz vert représente plus de 27 % de la consommation totale en 2030 (contre 2 % actuellement). Un projet avec les cantines de Nantes métropole pourrait bientôt envoyer la moitié des restes de repas collectés au compostage, l'autre à la méthanisation. Pour ce faire, 23 nouveaux méthaniseurs devraient sortir de terre dans la région d’ici à 2025, comme ceux de Trans-sur-Erdre ou de Nort-sur-Erdre, En Loire-Atlantique. Véronique Bel, directrice clients territoires GRDF centre ouest, est optimiste. « Nous visons 100 % de gaz vert en 2050 ».