Aéronautique : Le premier avion vert, un A380 à hydrogène, testé par Airbus en 2025

PROMESSE Airbus annonce une nouvelle étape dans le développement de l’avion vert. Un vol de démonstrateur doit avoir lieu en 2025 avec un A380 doté d’un réservoir à hydrogène liquide

H.M. avec AFP
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L'A380 qui servira de démontrateur sera équipé de quatre réservoirs d'hydrogène liquide à l'arrière.
L'A380 qui servira de démontrateur sera équipé de quatre réservoirs d'hydrogène liquide à l'arrière. — Airbus Group
  • Airbus annonce un premier vol d’essais d’un avion propulsé à l’hydrogène « pour le milieu de la décennie ».
  • Il s’agira d’un A380 modifié, doté, en plus de ses réacteurs classiques, de quatre réservoirs d’hydrogène liquide.
  • Pour la mise au point technique, l’avionneur vient de signer un partenariat avec l’Américain General Electric et le motoriste français Safran.

Le géant des airs A380 n’a pas dit son dernier mot. Malgré l’arrêt de sa production, il peut encore rendre de fiers services et devenir le fer de lance de l’aviation décarbonée. Airbus annonce en effet que le « MSN01 », le tout premier A380 d’essais produit, va être modifié pour servir dès 2025 de démonstrateur au futur avion à hydrogène.

Pour le développer, l’avionneur a signé un partenariat avec CFM International, une coentreprise de L’Américain General Electric, et le motoriste français Safran Aircraft Engines. Le but est simple et ambitieux : « démontrer la faisabilité en vol d’un système de propulsion à hydrogène vers le milieu de la décennie ».

L'A380 va être modifié pour recevoir une nacelle en hauteur sur la partie arrière gauche du fuselage. Quatre réservoirs d’hydrogène liquide d’une capacité totale de 400 kg seront installés à l’arrière de l’appareil pour alimenter le nouveau moteur, tandis que les quatre moteurs classiques au kérosène resteront en place sous les ailes.

« Il s’agit vraiment d’une étape très importante vers l’aviation durable que nous franchissons », a assuré mardi Sabine Klauke, la directrice de l’ingénierie chez Airbus.

Encore de nombreuses questions

Airbus a pris le virage de l’avion zéro émission (ZEROe) en 2020, en pleine crise sanitaire avec pour objectif de le mettre en service en 2035. Le moteur à hydrogène, qui ne produit que de la vapeur d’eau, paraît être la solution idéale. Mais pour une même puissance de propulsion, l’hydrogène liquide prend beaucoup plus de place que le kérosène. Par ailleurs, le projet suppose de produire l’hydrogène, obtenu par électrolyse de l’eau, sur un mode propre. Il y a donc toute une filière de production à bâtir et les infrastructures aéroportuaires à modifier.

L’utilisation du moteur à hydrogène pose d’autres défis techniques. Notamment la nécessité de le stocker sous forme gazeuse à très basse température, – 235 °C, dans des réservoirs sphériques. Par ailleurs, l’hydrogène soumettra les pièces mécaniques à rude épreuve car il brûle à des températures bien plus élevées que le kérosène.

En attendant l’échéance de 2035, Airbus compte sur les carburants alternatifs pour réduire l’empreinte carbone de ses avions.