1.800 milliards de dollars d’aides publiques contribuent à la destruction de la planète, selon une étude

ENVIRONNEMENT Les secteurs qui reçoivent le plus de subventions néfastes pour l’environnement sont ceux des énergies fossiles, de l’agriculture et de l’eau

20 Minutes avec agences
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Déforestation au Brésil (illustration).
Déforestation au Brésil (illustration). — Andre Penner/AP/SIPA

La somme représente 2 % du PIB mondial. « Au moins 1.800 milliards de dollars » de subventions publiques sont à l’origine chaque année de destructions d’écosystèmes et extinctions d’espèces. C’est ce qu’indique  une étude publiée jeudi par la « B Team », une organisation cofondée par le PDG du groupe Virgin, Richard Branson, et réunissant dirigeants d’entreprises et de fondations internationales, ainsi que par « Business for Nature », une coalition mondiale d’entreprises et d’ONG.

« Les secteurs des énergies fossiles, de l’agriculture et de l’eau reçoivent plus de 80 % de toutes les subventions néfastes pour l’environnement », indiquent ces organisations dans un communiqué, appelant les gouvernements à les « réorienter, les reconvertir ou les éliminer » d’ici 2030.



Soja, biocarburants, irrigation…

Parmi les subventions mises en cause figurent par exemple celles aux exploitations bovines et à la production de soja au Brésil, pour leur rôle dans la déforestation, ou encore les soutiens aux  biocarburants en Europe, qui encouragent l’extension de terres arables au détriment de la biodiversité. La subvention de l’irrigation dans le district de Palo Verde en Californie est aussi pointée du doigt, accusée de favoriser la  sécheresse​. Les aides, en Iran notamment, à l’électricité ou au carburant alimentant des pompes à eau et épuisant les nappes souterraines à un rythme trop rapide, sont également visées.

L’étude chiffre ainsi à 640 milliards de dollars par an les sommes reçues par le secteur des énergies fossiles qui contribuent notamment à la pollution de l’eau et de l’air ou à des affaissements de terrain. L’agriculture est quant à elle concernée à hauteur de 520 milliards de dollars, et se trouve liée à des problèmes d’érosion des sols, de pollution de l’eau ou de déforestation. Selon les auteurs, 155 milliards par an encouragent des gestions forestières non durables.

Un meilleur ciblage pour inverser les pertes naturelles

Mais l’enquête montre aussi qu’un meilleur ciblage des subventions pourrait contribuer à mettre un terme et même à inverser ces pertes naturelles d’ici 2030. Le tout en bénéficiant aux entreprises alors que « plus de la moitié du PIB mondial (…) dépend de la nature » à des degrés divers. Mais « toute réforme des subventions doit prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux, pour éviter d’affecter les ménages les plus modestes et les communautés les plus vulnérables autour du monde », selon la « B Team » et « Business for Nature ».

Cet appel a lieu à quelques semaines d’un prochain volet de la COP15, la convention de l’ONU sur la biodiversité. Celle-ci devait avoir lieu en janvier à Genève mais a été repoussée à cause du variant Omicron. Elle doit se tenir désormais du 13 au 29 mars.