Climat : « Les enjeux n’ont jamais été aussi élevés », insiste le patron du Giec

ENVIRONNEMENT Au total, 195 pays commencent ce lundi l’adoption d’un rapport scientifique de référence sur les impacts dévastateurs du changement climatique

C.Poh avec AFP
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Les manchots Adélie sont directement menacés par la fonte des glaces causée par le réchauffement climatique.
Les manchots Adélie sont directement menacés par la fonte des glaces causée par le réchauffement climatique. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Les enjeux en matière de lutte contre le changement climatique « n’ont jamais été aussi élevés », a insisté lundi Hoesung Lee, président des experts climat de l’ONU, avant le début du processus d’approbation d’un nouveau rapport sur les impacts du réchauffement climatique.

Les « besoins » pour ce rapport sur les impacts du réchauffement et la façon dont s’y préparer « n’ont jamais été aussi importants, parce que les enjeux n’ont jamais été aussi élevés », a-t-il déclaré lors d’une brève session en ligne ouvrant deux semaines de négociations à huis clos.

« Nous savons que le monde est déjà informé des preuves scientifiques que le Giec a présenté d’année en année, de décennie en décennie, mais reconnaître les preuves n’est qu’un premier pas ».

« Les pays, les villes, les entreprises, les investisseurs et les acteurs individuels, les consommateurs doivent transformer ce premier pas en sprint si nous ne voulons pas dépasser +1,5°C », par rapport à l’ère préindustrielle, a-t-il ajouté, considérant ce rapport comme « capital pour aider les décideurs mondiaux à dessiner les réponses aux impacts climatiques ».

Le monde a gagné 1,1 °C par rapport à l’ère préindustrielle

Alors que les JO d’hiver de Pékin sont en cours, le patron de l’Organisation météorologique mondiale, Petteri Taalas, a préféré une autre métaphore sportive.

« Nous avons des athlètes très performants, et si vous les dopez, ils sont encore plus performants. C’est ce que nous avons fait à l’atmosphère. Nous l’avons dopée avec les énergies fossiles », a-t-il déclaré, en référence aux émissions liées à l’usage des énergies fossiles, responsables majeures du renforcement de l’effet de serre et du réchauffement de la planète.

Après plus d’un siècle et demi de développement économique basé sur ces sources d’énergie – charbon, pétrole ou encore gaz – le monde a gagné environ 1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle, multipliant déjà canicules, sécheresses, tempêtes ou inondations dévastatrices.

Dans le premier volet de son rapport publié en août, le Giec estimait que le mercure atteindrait autour de 2030, soit dix ans plus tôt qu’escompté, le seuil de 1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris.

Avant un troisième opus en avril sur les solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le deuxième rapport dont les négociations débutaient lundi se penche sur les impacts du réchauffement, et la façon de s’y préparer («l’adaptation »).