Bretagne : Elle fait le pari de fleurs 100 % françaises et de saison

SAINT-VALENTIN Installée dans le golfe du Morbihan, la fleuriste Tiphaine Turluche s’est lancée dans une démarche écoresponsable

Jérôme Gicquel
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Tiphaine Turluche s'approvisionne en fleurs auprès d'une quinzaine de producteurs installés dans le Grand Ouest et dans le Var.
Tiphaine Turluche s'approvisionne en fleurs auprès d'une quinzaine de producteurs installés dans le Grand Ouest et dans le Var. — Les Bottes d'Anémone
  • Le business mondial de la fleur n’est pas tout rose avec un impact environnemental considérable.
  • Alors que neuf fleurs sur dix proviennent de l’étranger, la Bretonne Tiphaine Turluche privilégie des fleurs 100 % françaises et de saison.
  • Elle s’approvisionne chez des producteurs du Grand Ouest et du Var et produira bientôt ses propres fleurs dans le Morbihan.

Elle est le symbole de l’amour. Comme chaque année, la rose, rouge de préférence, sera encore la star  de la Saint-Valentin chez les fleuristes. Pas chez Tiphaine Turluche, la gérante des Bottes d’Anémone, qui proposera plutôt des bouquets « colorés, joyeux et engagés » à base de renoncules, d’anémones, de genêts ou de giroflées. « On a aussi les premières tulipes de l’année qui arrivent », s’enthousiasme la jeune fleuriste de 33 ans, installée au Bono dans le   golfe du Morbihan. A son compte depuis un an et demi, Tiphaine Turluche s’est engagée dans une démarche écoresponsable après avoir découvert le   du Collectif de la fleur française et le mouvement « slow flower ».

Dans sa boutique en ligne, elle ne propose ainsi à ses clients que des fleurs françaises et de saison. Un choix singulier sachant que neuf fleurs sur dix vendues aujourd’hui en France proviennent de l’étranger, en grande majorité du Kenya, d’Éthiopie et des Pays Bas. « Même l’hortensia, qui est pourtant une fleur typique de la Bretagne, provient essentiellement d’Équateur », indique-t-elle. Ultra-mondialisé, le marché de la fleur est donc loin d’être rose avec un bilan carbone désastreux et l’utilisation massive de pesticides. « Pourtant quand on achète un bouquet, on pense offrir la nature », ironise la jeune femme.

« On s’est habitué à voir des roses toute l’année »

Pour ne pas renier ses valeurs, cette amoureuse de la mer, qui a travaillé pendant dix ans dans le monde de la voile, a donc décidé d’exercer son métier de fleuriste autrement. « Mais je ne jette pas la pierre à mes confrères, assure-t-elle. Ils ne font que répondre à une demande des clients qui se sont habitués à voir des roses toute l’année, comme pour les fraises ou les tomates ». Dans les bouquets de Tiphaine, c’est donc la saisonnalité qui prime. Pour s’approvisionner, elle travaille avec une quinzaine de producteurs français installés dans le Grand Ouest ainsi que dans le Var. « Et j’ai des fleurs toute l’année avec une diversité incroyable », souligne-t-elle.

Dans les prochains mois, la fleuriste vendra également ses propres fleurs. Tiphaine Turluche monte en effet, avec son conjoint, un projet de ferme florale grâce à une campagne de financement participatif qui a été lancée pour les aider. Ils commenceront à planter courant avril, et espèrent bien récolter leurs premières fleurs d’ici juin. « Ce sera principalement des fleurs d’été ou d’automne comme des dahlias, des cosmos, des mufliers ou des delphiniums, précise-t-elle. Cela nous permettra d’avoir une plus grande diversité de fleurs et de répondre plus facilement aux commandes de dernière minute. »