Toulouse : Un appel lancé « au monde entier » pour un secteur aérien « propre » dès 2050

AVIATION Des associations critiquent de leurs côtés le manque d’ambition de cet appel et de solutions apportées pour parvenir à une baisse des émissions de CO2 d’ici 2050

B.C. avec AFP
Un avion à Orly (Illustration)
Un avion à Orly (Illustration) — Mario FOURMY/SIPA
  • Réunis au sommet de l’aviation à Toulouse, les ministres des transports de l’Union européenne ont signé une déclaration commune.
  • Ils appellent le « monde entier » à s’engager pour un secteur aérien non émetteur d’émissions de CO2 dès 2050.
  • Pour des associations comme Greenpeace, il s’agit d’une « énième opération de diversion et de greenwashing ».

C’est un texte court, plus une lettre d’intentions qu’un document étayé sur les mesures à prendre pour y arriver. Réunis à Toulouse​ à l’occasion du  sommet de l’aviation tourné sur la question de la décarbonation, les représentants de pays de l’Union ont appelé « le monde entier » à avoir  un secteur aérien propre dès 2050.

Dans cette déclaration commune, tous les partenaires du monde entier sont incités à « travailler ensemble » à des mesures pour parvenir dès 2050 à un secteur aérien qui ne contribuera plus au réchauffement climatique. Un appel en amont de la 41e assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale qui doit se réunir en septembre prochain.

Le principe du « net zéro »

Elle rappelle que de nombreux pays et institutions internationales, ainsi que des groupes fédérant des compagnies aériennes et les industriels de l’aéronautique, soutiennent déjà ce principe du « net zéro » au milieu du siècle. Que ce soit l’Union européenne, les Etats-Unis ou encore Iata, l’organisation de quelque 300 compagnies aériennes réalisant plus de 80 % du trafic mondial. Mais, certains gros émetteurs comme la Russie et la Chine, ont annoncé une échéance à 2060 pour arriver à cette neutralité carbone.

Elle passerait notamment par l’amélioration de la technologie des avions, une utilisation des biocarburants plus importante, la tarification du carbone ou encore par des incitations financières et le soutien à l’innovation environnementale et climatique dans le secteur.

« Opération de diversion et de greenwashing »

S’ils disent prendre « en compte les attentes croissantes de la société civile en matière de décarbonation des transports, en particulier de l’aviation », les signataires n’évoquent pas une limitation ou une baisse du trafic aérien.

« Si pousser un objectif de "neutralité carbone" en 2050 fait beau sur le papier, c’est en réalité un leurre qui n’engage pas à grand-chose. Concrètement, le sommet de l’aviation et sa déclaration font l’impasse sur la solution indispensable pour réduire les émissions du secteur dès maintenant et à un niveau cohérent avec l’objectif 1,5 °C : la limitation du trafic aérien. En préférant se cacher derrière des fausses solutions, comme l’avion vert ou la compensation carbone, les "responsables" politiques et économiques ont fait de ce sommet une énième opération de diversion et de greenwashing », a réagi dans un communiqué Sarah Fayolle, chargée de campagne Transports à Greenpeace France.