Nice : A quoi sert la ZFE dont la première étape a été instaurée lundi ?

POLLUTION La zone à faibles émissions vise les poids lourds polluants en centre-ville et concernera les particuliers à partir de janvier 2023

Elise Martin
En 2023, les mesures de la ZFE en place cette année s'étendront à d'autres véhicules (Illustration)
En 2023, les mesures de la ZFE en place cette année s'étendront à d'autres véhicules (Illustration) — Syspeo / Sipa
  • Depuis le 31 janvier 2022, la première phase de la zone à faibles émissions (ZFE) est entrée en vigueur à Nice.
  • Pour le moment, elle ne concerne que les poids lourds polluants, qui ont la vignette Crit’Air 5.
  • Progressivement, chaque année, ces mesures seront élargies aux véhicules particuliers.

Les zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) ont été créées pour « protéger les habitants des métropoles où la pollution de l’air est importante », peut-on lire sur le site du gouvernement. Déjà mises en place à Paris, Lyon et Grenoble,  elles ont été imposées l’année dernière dans sept métropoles, dont  Nice. Celles-ci ont deux ans pour instaurer la ZFE sur leur territoire. Dans la capitale azuréenne, la première étape est entrée en vigueur lundi. On fait le point.

Les poids lourds hors du centre

Pour cette première phase, les mesures visent à « mettre fin au trafic des poids lourds polluants dans le centre-ville et sur la promenade des Anglais », indique la métropole niçoise. L’interdiction concerne alors les véhicules Crit’Air 5. C’est-à-dire, « tous poids lourds diesels plus vieux que 2006 », que ce soit « transport de marchandise (plus de 3,5 t), bus ou autocars ». D’après la métropole, cette mesure permet d’émettre directement 8 % d’oxyde d’azote en moins.

Un périmètre qui englobe la promenade des Anglais

Ces véhicules ne pourront plus accéder à la promenade des Anglais, les quais des Etats-Unis et Rauba Capeu. Le périmètre commence de l’avenue des Grenouillères et finit rue de Foresta. Pour le centre, il s’arrête au niveau de la voie Mathis, au nord, au boulevard Carabacel, à l’est et au boulevard Grosso, à l’ouest. « C’est là que nous avons le plus d’habitants exposés aux dépassements de seuils pour les dioxydes d’azote », explique la mairie.

Les exceptions à la règle

La mesure ne s’applique pas aux véhicules d’intérêt général comme les pompiers ou les forces de l’ordre. Sont exemptés également les véhicules portant la mention « stationnement pour les personnes handicapées », ou « collection » ainsi que les deux ou trois roues motorisées. Des dérogations temporaires et individuelles peuvent faire l’objet d’une demande à cette adresse air.nca@nicecotedazur.org.

Une amende forfaitaire en cas de non-respect

« Si un véhicule trop polluant circule dans une ZFE-m, le conducteur s’expose à une amende forfaitaire de 135 euros pour les poids lourds, bus et autocars », précise le site du gouvernement. La métropole niçoise a précisé que « la sanction sur les vignettes Crit’Air n’est pas encore dans la liste des sanctions « vidéoverbalisables » donc seuls les agents de police sur le terrain peuvent contrôler et sanctionner ».

Les prochaines étapes à venir

Au 1er janvier 2023, les mesures déjà en place seront élargies aux poids lourds Crit’Air 4 et étendue aux véhicules particuliers et utilitaires Crit’Air 5, qui roulent au diesel et qui sont plus vieux que 2000. « 800 camions et 7.000 véhicules particuliers sont concernés », indique la métropole niçoise. Au 1er janvier 2024, l’interdiction concernera aussi les poids lourds Crit’Air 3 et les particuliers Crit’Air 4.

Des aides à la transition

La métropole Nice Côte d’Azur rappelle que des outils sont déjà mis en place pour « aider à la transition ». Comme une subvention de 5.000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique, cumulable aux aides de l’Etat et une prime à la casse de 1.000 euros pour « les propriétaires de véhicules Crit’Air 4 et 5 qui souhaitent s’en débarrasser au profit d’un mode électrique, voiture ou vélo ». La métropole précise que cette prime est cumulable aux autres aides à l’achat existantes fixées à 5.000 euros pour un véhicule électrique et 400 euros pour un vélo électrique.

La ville de Nice a également inauguré le premier espace de logistique du dernier kilomètre Eco-city pour remplacer les camionnettes de livraisons par des vélos cargos et des utilitaires électriques dans le centre.