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ETUDELes microalgues du sol captent près de 30 % des émissions de CO2 de l’homme

Des chercheurs dévoilent le rôle majeur des algues microscopiques du sol dans le cycle du carbone

ETUDEElle serait capables de capter 30 % des émissions de CO2 de l’homme à l'échelle du globe
Les sols contiennent des microalgues, capteurs de carbone.
Les sols contiennent des microalgues, capteurs de carbone. - Schauhi / Pixabay / Pixabay
Béatrice Colin

Béatrice Colin

L'essentiel

  • Une équipe de chercheurs, dirigée par un Toulousain, vient de démontrer le rôle joué par les algues microscopiques du sol dans le cycle du carbone.
  • Présentes en masse, ces algues microscopiques captent chaque année 3,6 gigatonnes de carbone, l’équivalent de 30 % des émissions de CO2 de l’homme.
  • Pour le scientifique toulousain Vincent Jassey il est important de préserver les sols et d’éviter leur artificialisation afin de maintenir le rôle de capteurs de CO2 de ces micro-organismes.

Elles sont invisibles à l’œil nu, contrairement aux plantes qui nous entourent. Et pourtant, comme le reste de la végétation, les microalgues présentent à la surface du sol jouent elles aussi un rôle important dans le cycle du carbone. C’est ce que vient de démontrer une équipe de chercheurs internationaux, avec à sa tête un Toulousain.

« Jusqu’à présent pour la plupart des gens, et j’inclus aussi la plupart des chercheurs, on voit les plantes comme responsables de l’assimilation du carbone atmosphérique. Elle transfère ensuite ce carbone dans les sols pour nourrir les faunes et micro-organismes du sol qui eux rejetteront du CO2 sous forme de respiration. Mais nous avons démontré que les algues microscopiques présentes à la surface du sol sont aussi responsables de 6 % de tout le carbone capté au niveau du sol », relève Vincent Jassey du Laboratoire écologie fonctionnelle et environnement de Toulouse (CNRS/INP/UPS).

Le rôle de capteurs de carbone des microalgues du sol.
Le rôle de capteurs de carbone des microalgues du sol. - Vincent Jassey / Laboratoire écologie fonctionnelle et environnement

Leur étude publiée ce mardi dans la revue The New phytologist est une petite révolution sur les acquis concernant le cycle du carbone dans les sols. Et à l’heure du réchauffement climatique, tout ce qui joue un rôle dans l’assimilation et le stockage du carbone est loin d’être anodin. Surtout quand les calculs de ces chercheurs démontrent que ces microalgues captent environ 3,6 gigatonnes de carbone par an, soit l’équivalent de 30 % des émissions de CO2 émis par l’homme.

Préserver les sols

Chaque gramme de sol contient environ cinq millions d’algues microscopiques. Malgré son abondance, jusqu’à présent les scientifiques s’intéressaient surtout à d’autres micro-organismes, comme les bactéries et aux champignons.

Contrairement au monde aquatique où ces algues sont scrutées de près. « Dans les océans, ce qui va amener de la nourriture au plancton ce sont les algues qui vont assimiler le CO2 de l’atmosphère, produire de la biomasse qui va servir de base à la chaîne trophique de l’océan. C’est pour cela qu’on y porte beaucoup d’attention, parce qu’elles sont visibles et sans elle cela ne fonctionnerait pas dans les océans. Au niveau terrestre, nous avons les plantes et du coup nous focalisons beaucoup sur la relation plantes sol, les algues passent inaperçues car moins visibles », explique Vincent Jassey.

Et pour ce dernier, il est difficile désormais de les ignorer. A l’avenir, les chercheurs vont tenter de savoir ce que devient le carbone fixé par ces algues microscopiques. Ils vont aussi continuer à démontrer l’importance « de préserver les sols de toute destruction, d’éviter de les bétonner, d’artificialiser le moins possible pour préserver cette biodiversité qui joue un rôle important dans le cycle du carbone et du climat », plaide le scientifique toulousain.

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