Les glaciers fondent plus vite s'ils finissent leur course dans un lac, selon une étude

CHANGEMENT CLIMATIQUE Les résultats de ces travaux vont permettre de mieux anticiper les disponibilités en eau pour des millions d’êtres humains

20 Minutes avec agences
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Un glacier, illustration
Un glacier, illustration — Pixabay

Victimes du réchauffement climatique, les glaciers fondent à vue d’œil. Mais selon une nouvelle étude financée par le Fonds national suisse (FNS), leur fonte est encore plus rapide s’ils finissent leur course dans un lac plutôt que sur la terre ferme.

Les chercheurs ont étudié avec attention la formation de nouveaux lacs issus de la fonte des glaces éternelles en montagne. L’étude a porté sur les 319 glaciers de plus de 3 km² de superficie dans l’Himalaya, dont un cinquième forme des lacs. Ils alimentent ainsi de grands fleuves tels que le Gange et le Brahmapoutre et contribuent à l’alimentation en eau d’un demi-milliard de personnes.

Prévoir les disponibilités en eau

Les scientifiques ont utilisé les satellites européens Sentinel-2 qui survolent le territoire tous les cinq jours. Les images infrarouges prises de 2017 à 2019 ont révélé que les glaciers terminant dans un lac se sont déplacés à une vitesse moyenne de 20 m par an – deux fois plus vite que ceux qui se terminent sur la terre ferme. Le phénomène peut s’expliquer « par le fait que la langue glaciaire subit un effet de portance qui réduirait la résistance », selon les chercheurs.

« Ces résultats sont très importants pour prévoir les disponibilités en eau », a ajouté Tobias Bolch, responsable de l’étude. En effet, quand les glaciers s’écoulent plus vite, les réserves d’eau accumulées dans la glace s’épuisent plus rapidement et les cours d’eau en reçoivent moins.

Anticiper les risques d’inondations

« Jusqu’à présent, l’accélération provoquée par les lacs glaciaires n’avait pas été intégrée dans les prévisions », précise Tobias Bolch. « Dans les régions d’Asie touchées, des pénuries d’eau pourraient par conséquent intervenir plus rapidement que prévu. »

Les résultats permettent aussi de mieux calculer la vitesse de remplissage des lacs et d’établir à partir de quand le barrage formé par la moraine terminale (amas de blocs et de débris rocheux détachés d’un glacier) risque de rompre et de libérer une vague géante dans le lac.