Côte d’Azur : De nouveaux mouillages écologiques déployés pour les grands yachts

GRANDE PLAISANCE Ces coffres flottants doivent permettre aux grandes unités de s’amarrer sans détruire les herbiers de posidonie

20 Minutes avec AFP
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Un yacht dans la baie de Villefranche-sur-mer, sur le littoral des Alpes-Maritimes
Un yacht dans la baie de Villefranche-sur-mer, sur le littoral des Alpes-Maritimes — L. Cironneau / AP / Sipa
  • Face à l'interdiction des mouillages des grands yachts dans certaines zones de Méditerranée française, jusqu'à douze nouveaux mouillages écologiques seront installés d'ici l'été pour conserver cette manne financière.
  • Ces coffres flottants doivent leur permettre de s'amarrer sans détruire avec leur ancre les herbiers de posidonie, une plante protégée qui pousse extrêmement lentement.

L’urgence était de pouvoir conserver cette manne financière face à la concurrence de l’Italie, de la Grèce, de la Turquie ou encore de la Croatie. Afin d’accompagner l’interdiction, pour les grands yachts, de jeter l’ancre dans certaines zones de  Méditerranée française, jusqu’à douze nouveaux mouillages écologiques seront installés d’ici l’été, ont annoncé  la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la ministre de la Mer.

Ces coffres flottants doivent leur permettre de s’amarrer sans détruire les herbiers de posidonie, une plante protégée qui pousse extrêmement lentement.

Saint-Tropez, Golfe Juan et Beaulieu/Eze sont déjà candidates, les autres restent à concrétiser. Ces équipements seront cofinancés par la région et l’État. Onze autres projets de ce type ont déjà été financés en Provence-Alpes-Côte-d'Azur et en Corse.

Un milliard d’euros et 15.000 emplois

Le président de la région Renaud Muselier a souligné lors d’une présentation au siège de la collectivité à Marseille le "risque que l’arrêté mouillage faisait peser sur la filière", précisant qu’il ne croyait pas en la "sanctuarisation mais dans les solutions".

Le secteur de la grande plaisance pèse dans la région un milliard d’euros, 15.000 emplois et affiche un taux de croissance de 15 % par an depuis 2015, a rappelé Éric Levert, le Directeur interrégional de la mer.

Pour Annick Girardin, ministre de la Mer, "ce n’est pas qu’une question de réglementation, il faut aussi accompagner les acteurs pour développer des solutions", vantant "l’écologie pragmatique".

Protéger ces puits de carbone, nurseries à poissons

Depuis 2020, la France interdit le mouillage des yachts de plus de 24 mètres dans certaines zones de la Côte d’Azur et de la Corse, afin de protéger la posidonie, dont les prairies servent de nurseries aux poissons mais aussi de puits de carbone et de protection contre l’érosion.

L’été dernier, près de 500 infractions ont été constatées, la plupart sur la Côte d’Azur, entre le cap Ferrat et le cap Dramont, de Nice à Fréjus, selon la préfecture maritime, autorité garante en France de la gestion durable des mers. La peine maximale encourue pour ces mouillages illégaux est de 150.000 euros d’amende et un an d’emprisonnement.

La pollution des yachts est aussi problématique quant à la qualité de l’air : selon une étude d’Atmosud réalisée dans le port de Nice, un yacht non branché à quai génère par exemple autant de dioxyde d’azote que 250 voitures, et autant de particules fines que 1.000 voitures lorsqu’il utilise ses générateurs pour produire l’électricité du bord.