Dordogne : Un refuge pour des renards inaptes à la vie sauvage va ouvrir en 2022

GOUPIL Carine Gresse, assistante vétérinaire de formation, porte un projet pour accueillir des animaux incapables de vivre en liberté, sur la commune de Douzillac

Elsa Provenzano
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Une dizaine de renards pourraient être pris en charge sur le terrain de 1500 m2, dans un premier temps.
Une dizaine de renards pourraient être pris en charge sur le terrain de 1500 m2, dans un premier temps. — Glyn KIRK / AFP
  • Un projet de refuge pour des renards incapables de vivre dans leur milieu naturel est porté par l’association « le clos des renardises ».
  • Il est prévu d’installer les premiers animaux à l’été 2022, en Dordogne.
  • Des renards gardant des séquelles de blessures ou recueillis par des particuliers et trop « imprégnés » pour retourner dans la nature y seront accueillis.

A Douzillac, en Dordogne, un terrain de 1.500 m2 est en cours de débroussaillage par les bénévoles de l’association « Le clos des renardises », créée il y a deux ans. Si tout se passe comme l’espère Carine Gresse, sa fondatrice, les premiers renards devraient y pointer leurs museaux dès l’été 2022 ou au cours de l’année en tout cas.

Sur cette superficie, une dizaine de renards pourraient être accueillis, mais le site est susceptible de s’étendre en fonction des besoins. Pour être admis au refuge, les canidés devront ne plus pouvoir vivre en liberté, pour des raisons diverses. En France, il existe un seul petit refuge pour les renards en Alsace,   l'Arche de Cerise, qui compte six pensionnaires.

Pour les animaux « trop imprégnés »

L’association sera en lien avec les centres de soin de la faune sauvage et travaillera avec l’office français de la biodiversité qui a régulièrement à gérer des saisies de renards. Les animaux qui gardent des séquelles de blessures (accidents de voiture, pièges, chasse, déterrage etc.) et dont les chances de survie dans la nature sont compromises pourront être installés au Clos des Renardises. « Le renard mulote pour attraper les rongeurs qui représentent 75 % de son alimentation et pour cela, il doit être à 100 % de ses capacités pour chasser », précise Carine Gresse, passionnée par l’espèce.

« Certains particuliers veulent bien faire et les apprivoisent un peu comme des chiens, ajoute la fondatrice, qui a été assistante vétérinaire en Belgique, son pays d’origine. Mais même si c’est fait avec grand amour, ce n’est pas autorisé et ça peut-être un déchirement. » Et de rappeler le cas de Zouzou à Bergerac, une histoire qui s’est bien terminée puisque la famille adoptive du renardeau a pu passer les certificats requis pour le garder. Trop « imprégnés » par une relation humaine, les animaux ne sont alors plus capables de retourner vivre dans leur milieu naturel. Le statut de « nuisible » du renard joue aussi en sa défaveur et le refuge pourrait, dans certains cas, être une alternative à son euthanasie.

Tous les animaux pris en charge par l’association seront stérilisés et équipés de puces. Pas question de faire un élevage. La cohabitation entre les individus devrait bien se passer car « ils seront bien nourris et il n’y aura donc pas de concurrence de chasse », précise Carine Gresse. Un enclos d’habituation est prévu pour les derniers animaux arrivés, avant qu’ils ne rejoignent le reste du groupe.

Un soutien de poids et un crowdfunding

La fondation Brigitte Bardot a donné un accord de principe sur le projet et l’association est en attente d’un feu vert financier. Des demandes de subventions ont aussi été déposées auprès de collectivités. Une campagne de crowfunding a également été lancée auprès des particuliers. « Une convention avec des moyennes et grandes surfaces a été passée pour récupérer des invendus de viande et des croquettes », ajoute la fondatrice du « Clos des Renardises ».

« Les animaux serviront de supports visuels pédagogiques pour des animations tous publics, en particulier pour les écoles, espère Carine Gresse. Ce ne sera pas ouvert au public mais potentiellement visitable sous des conditions à établir avec la direction des services vétérinaires et le Département ». Il ne s’agit pas d’exposer les animaux comme dans un parc animalier. En revanche, le site pourrait ouvrir une fois par an pour des journées portes ouvertes, en particulier en direction des scolaires qui ont travaillé à l’année sur un projet en lien avec le refuge.